Les locaux qu’occupe la Direction de la santé publique de l’Estrie ont été décontaminés et aucun nouveau cas de COVID-19 n’y a été détecté.
Les locaux qu’occupe la Direction de la santé publique de l’Estrie ont été décontaminés et aucun nouveau cas de COVID-19 n’y a été détecté.

La Santé publique de l’Estrie respire un peu mieux

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Ça fait maintenant deux semaines que la direction de la Santé publique de l’Estrie a pris de grandes mesures pour arrêter la propagation de la COVID-19 au sein de son équipe d’une centaine de personnes.

Dix employés sur la centaine que compte l’organisme, peu symptomatiques, avaient reçu un diagnostic positif à la COVID-19 le 26 mars dernier; on parlait déjà d’une éclosion dans ce milieu de travail.

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Dans les jours suivants, d’autres employés sont tombés malades. Puis quelques-uns de leurs contacts rapprochés également, des conjoints ou des enfants vivant sous leur toit par exemple. Au total : une quarantaine d’employés malades et une dizaine de leurs proches.

La situation, sérieuse, avait alors mis la Santé publique dans une situation délicate. L’Estrie était alors une des régions du Québec avec le plus grand nombre de nouveaux cas positifs à la COVID-19 tous les jours. Les enquêtes épidémiologiques étaient alors primordiales mais l’équipe était pourtant réduite de façon importante.

Aussitôt, la direction de la Santé publique avait mis en place plusieurs mesures pour arrêter la propagation du coronavirus.

« Dans notre empressement au début de faire nos enquêtes en raison du grand nombre de cas que nous avions sur les bras, nous avons visiblement mal appliqué certaines mesures que, pourtant, nous connaissions très bien », reconnait le directeur de la Santé publique de l’Estrie Alain Poirier.

« Nous nous sommes empressés de mobiliser plein de gens qui ne travaillaient pas avec nous normalement, et ç’a été notre cheval de Troie », ajoute-t-il.

Dr. Alain Poirier

Le 29 mars, une grande désinfection des étages, des locaux et des espaces de travail a été effectuée, de même que dans les aires partagés de la Santé publique au Complexe Saint-Vincent de la rue King Est. La distanciation sociale dans le lieu de travail a été instaurée de façon stricte. Le télétravail a commencé à être instauré malgré les nombreux défis qu’il représente en raison de la confidentialité des données des patients. Certains travailleurs, qui ont été confinés à domicile sauf pour venir travailler, devaient porter des masques en tout temps.

Depuis, la situation s’est stabilisée. La Comlexe Saint-Vincent compte de nombreux autres départements du CIUSSS de l’Estrie-CHUS : Centre de réadaptation de l’Estrie, centre de jour, bureaux administraifs et CHSLD, entre autres.

Les employés de ces nombreux autres départements ont craint pour leur sécurité pendant un moment. Finalement, tout porte à croire que la COVID-19 est bel et bien restée dans les locaux utilisés par les employés de la Santé publique.

On ne rapporte qu’un résident du CHSLD Saint-Vincent qui a été testé positif au nouveau coronavirus, ce qui n’a mené à aucun autre test positif parmi les résidents et les membres du personnel.

« Ici au bureau, même si ça fait deux semaines que les mesures ont été mises en place, nous allons probablement doubler la période de 14 jours normalement recommandée pour poursuivre toutes ces mesures, au cas où », ajoute le Dr Poirier.

En début de semaines, quelques employés qui ont contracté la COVID-19 seront de retour au travail… en forme. « Par chance, plusieurs employés ont fait une petite COVID, comme on dit, et ils sont en mesure de revenir travailler après leurs 14 journées de confinement, idéalement en télétravail par contre, sinon avec des mesures appropriées », indique le Dr Poirier.