Le vicaire général de l’archidiocèse de Sherbrooke, le prêtre Steve Lemay, continue à dire la messe sur les ondes de MAtv.
Le vicaire général de l’archidiocèse de Sherbrooke, le prêtre Steve Lemay, continue à dire la messe sur les ondes de MAtv.

La santé des fidèles d’abord

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Même si elles sont frappées par une baisse importante de leurs revenus en raison de la fermeture imprévue des églises, les paroisses de l’archidiocèse de Sherbrooke redoublent d’efforts pour permettre à leurs fidèles de vivre leur foi.

Quatorze prêtres et cinq animateurs paroissiaux ont recours à la prestation canadienne d’urgence (PCU), alors que le salaire de certains autres fait l’objet des subventions salariales mises en place par le gouvernement fédéral.

Le vicaire général de l’archidiocèse de Sherbrooke, le prêtre Steve Lemay, confirme que les fabriques des paroisses situées à Sherbrooke ont vu leurs revenus chuter de plus de 27 pour cent en mars et de près de 53 pour cent en avril.

« La situation financière de certaines paroisses n’était déjà pas facile alors que plus de la moitié affichaient des déficits en 2019. La situation actuelle est venue les placer dans une position encore plus difficile alors qu’une grande partie des revenus proviennent des offrandes données lors des célébrations comme les messes dominicales, les mariages ou les funérailles. Les activités de location de salles communautaires ou la vente de garage, comme ici à l’église Saint-Esprit, sont d’autres sources de revenus qui ne sont plus possibles actuellement. Même si les dépenses sont réduites au minimum, certaines autres doivent être assumées », explique Steve Lemay.

Il explique que certaines fabriques hors de Sherbrooke ne peuvent présentement avoir accès à leurs données financières étant donné que les églises et le secrétariat paroissial sont fermés et que le personnel, les bénévoles ou les prêtres doivent rester confinés étant donné leur âge.

« La situation est vraiment inédite parce nous ne pouvions pas anticiper la fermeture des églises. Nous sommes en train d’analyser la situation. Les fabriques de certaines paroisses devront puiser dans leurs réserves si elles en ont, alors que d’autres devront peut-être devoir vendre des édifices ou cesser certains services », indique le vicaire général de l’archidiocèse de Sherbrooke.

L’aspect humain

Pour celui qui cumule aussi les fonctions de curé de l’unité paroissiale de la Croix-Glorieuse, l’aspect financier des églises et une chose, mais il rappelle que la situation actuelle liée à la pandémie de la COVID-19 n’est pas facile sur le plan humain.

« De nombreux croyants de tous les âges souffrent de ne pas pouvoir recourir aux sacrements pour y trouver le réconfort dont ils ont besoin en ce moment. Les gens ont besoin d’espérance, de signes leur permettant de se sentir moins seuls dans le combat. Bien sûr, plusieurs souffrent de l’isolement, de ne pas pouvoir fraterniser, mais il y a également une réelle souffrance spirituelle liée au fait de ne pas pouvoir recevoir le pardon sacramentel, la communion eucharistique, l’onction des malades. Bien des familles souffrent aussi de ne pas pouvoir célébrer chrétiennement les rites funéraires lors du décès de leurs proches », explique Steve Lemay.

L’interdiction des rassemblements a incité certaines fabriques à développer de nouveaux outils pour rester présentes auprès des paroissiens.

« Des bénévoles effectuent des appels pour briser l’isolement de certains paroissiens. Nous utilisons aussi les médias sociaux pour poursuivre certains enseignements, pour la catéchèse, pour des temps de prière interactifs. Je fais des messages chaque dimanche et plus de 700 personnes sont abonnées à notre lettre de nouvelles. Je continue aussi les messes télévisées à MAtv », indique Steve Lemay.

Il mentionne que la page Facebook de l’unité paroissiale de la Croix-Glorieuse cumule plus de 64 000 minutes de consultation depuis le début de la pandémie, alors que la messe dominicale sur Facebook à Disraeli rejoint entre 790 et 960 personnes chaque semaine.

« Il y a plusieurs initiatives technologiques, mais les sacrements ne sont pas virtuels. Ils nécessitent la présence des fidèles et ne pas pouvoir y recourir en fait souffrir plusieurs. Cela ajoute aux autres formes de détresses », signale le prêtre.

L’assemblée des évêques catholiques du Québec procède à une analyse liturgique en fonction de mesures sanitaires imposées par les autorités gouvernementales afin de pouvoir adapter les rites catholiques. Un dialogue a aussi été entrepris entre les différentes confessions pour développer un protocole de réouverture des lieux de rassemblement lorsque les mesures d’interdiction seront levées.