Les citoyens désireux de réparer un de leurs biens ont pu profiter gratuitement du tout premier café de réparation tenu par l’Université de Sherbrooke et le Cégep de Sherbrooke, samedi, au LE Centre Sherbrooke. Michel Naud, réparateur de métier, s’est porté bénévole pour aider à la station électronique.

La réparation a bien meilleur goût

En une journée, le premier café de réparation de l’Université de Sherbrooke (UdeS) et du Cégep de Sherbrooke a détourné 500 kg de biens des sites d’enfouissement.

Pour Miguel Aubouy, le cerveau derrière ce projet, le futur exigera d’accorder de plus en plus d’importance à la réparation de nos biens. C’est dans cette optique que, samedi, les deux établissements d’enseignement ont invité la communauté à se réapproprier le geste de réparer en tentant de sauver leurs meubles, appareils électroniques, vêtements et bien plus encore. 

Dans un local prêté généreusement prêté par LE Centre Sherbrooke, l’UdeS, le Cégep de Sherbrooke et leurs partenaires ont réuni près de 45 bénévoles, dont 35 réparateurs, qui se sont mis gratuitement à la disposition des citoyens en désir de donner une seconde chance à des biens défectueux. 

Récurrent et mobile

Le but de l’exercice : éviter les envois précipités au dépotoir, faire économiser les gens et encourager les rencontres dans la communauté, tout ça en savourant un bon café. 

« Il y avait une file devant la porte ce matin ! » se réjouit M. Aubouy, qui œuvre comme conseiller en innovation collaboration à l’Université de Sherbrooke. « Le projet qu’on vient de commencer, c’est de faire ça à tous les 3 ou 4 mois à différents endroits de la ville, poursuit-il. Ce sera à la fois récurrent et mobile. Tout d’abord, parce que les gens qui viennent et qui s’aperçoivent qu’il leur manque une pièce auront le temps de l’acheter et de revenir au prochain café de réparation. Ensuite, on veut toucher différentes populations : on ira dans le quartier nord, dans le quartier sud, et peut-être même à Magog ou aux alentours. »

Les différents bénévoles ont des compétences en couture, en ébénisterie ou en mécanique, par exemple. Une imprimante 3D sur place permet même d’imprimer des pièces de plastique manquantes au besoin. 

Au total, samedi, 97 personnes ont visité le café de réparation et 140 appareils ou objets y ont été apportés. Sur ce nombre, environ 67 % ont pu être réparés. « On a un atelier de démontage pour ce qui n’est pas réparable. On peut démonter et réutiliser les pièces pour d’autres objets, et ça permet en même temps d’enseigner aux enfants ce qui se passe quand on démonte un appareil, c’est fascinant pour eux », rassure M. Aubouy.

Réparateur dans le domaine de l’électronique et enseignant remplaçant au Centre 24-Juin, Michel Naud a cru important de prêter main forte. Il a vu passer des déshumidificateurs, des séchoirs à cheveux, des chaînes stéréo, des télévisions et bien d’autres. « Je suis venu sensibiliser les gens à l’environnement et à la récupération, partage-t-il. Je vois qu’on commence à avoir une conscience sociale à ce sujet. Je veux montrer que ça se répare et qu’on peut sauver des appareils plutôt que de les envoyer au centre d’enfouissement. La plupart de ce que j’ai vu aujourd’hui se réparaient. » Il avoue avoir surpris plusieurs visiteurs, qui ont réalisé qu’ils pourraient se procurer des pièces à moindre coût et utiliser à nouveau leur appareil. 

Des racines et des ailes 

Désireux d’importer le concept européen de « repair café » à Sherbrooke, Miguel Aubouy a interpellé le Cégep de Sherbrooke pour ensuite soumettre le projet au concours du Pôle régional de l’enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE), une subvention accordée à la région par le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Le soutien financier du PRESE a ainsi permis d’acheter les outils et le matériel nécessaire à la réalisation de l’événement.

« Il y a vraiment un courant et un besoin vers le développement durable, explique Sophie Vincent, coordonnatrice au PRESE. Les gens se mobilisent rapidement autour de ces enjeux-là. Le but du Pôle est non seulement d’ouvrir les frontières entre les institutions entre elles, mais aussi avec la communauté. Après tout, le service à la collectivité fait partie des missions de l’enseignement supérieur. »

« Un établissement d’enseignement supérieur a besoin de racines et d’ailes, ajoute M. Aubouy. Les ailes, c’est la recherche : ce qui permet de se propulser plus loin. Les racines, c’est la communauté. On veut qu’elle profite de nos actions. »