Jusqu’en 2029 au Québec, on projette une augmentation de 70 000 d’élèves au secondaire et 40 000 enfants au primaire.

La région n’y échappera pas

Si la pénurie d’enseignants se concentre principalement en région montréalaise, « le problème va assurément arriver » à nos portes, croit le doyen de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, Serge Striganuk.

Jusqu’en 2029 au Québec, on projette une augmentation de 70 000 d’élèves au secondaire et 40 000 enfants au primaire.

En plus de cette augmentation, il faut tenir compte des facteurs de retraite et du fait qu’environ 25 % des nouveaux enseignants quittent dans les cinq premières années, commente M. Striganuk.

« On peut anticiper qu’il va y avoir un problème. Il y a déjà un problème. Pour l’instant il est plus concentré dans certaines régions, mais assurément le phénomène va se déployer à la grandeur de la province », indique celui qui est aussi président de l’Association des doyens en éducation du Québec (ADEREQ).

Le creux de la vague des élèves au secondaire était en 2016-2017, note M. Striganuk.

« En 2017-2018, on constate déjà une légère hausse. En 2018-2019, on a une hausse de 6000 élèves au secondaire. L’année suivante, 10 000 de plus, et l’autre année, 12 000, puis 12 000 l’année suivante... La difficulté, c’est qu’ils ne sont pas tous répartis de manière égale. Mais sur l’ensemble du territoire, jusqu’en 2029, il va y avoir une augmentation de 70 000 élèves au secondaire. » Au primaire, ce sont environ 40 000 enfants qui devraient s’ajouter dans la province.

Serge Striganuk : « Il y a déjà un problème. Pour l’instant il est plus concentré dans certaines régions, mais assurément le phénomène va se déployer à la grandeur de la province. »

« On n’est pas en régression constante. »

Le fait que l’UdeS soit basée ici amène une certaine relève aux commissions scolaires de la région, note M. Striganuk, un avantage que d’autres organisations scolaires n’ont pas.

Entre 2015 et 2016, le nombre de finissants à la faculté d’éducation de l’UdeS, tous programmes confondus, est passé de 406 à 388.

Le nombre était de 407 en 2013, de 371 en 2014, pour remonter à 406 en 2015, pour finalement se chiffrer à 388 en 2016. Aux yeux du doyen, cette fluctuation est trop faible pour être symptomatique de quoi que ce soit. « On n’est pas en régression constante. »

Selon lui, ces variations peuvent s’expliquer par le fait que, pour certains, l’enseignement n’est pas un premier choix et ils changent de programme dans l’intervalle. D’autres réaliseront en stage qu’ils ne veulent finalement pas travailler dans ce domaine.

« Il faut se rappeler que toutes disciplines confondues, aux études supérieures, il y a près de 33 % des étudiants qui changeront de programme dans leur parcours. On parle du collégial et universitaire. »

Il note que dans l’ensemble du Québec, il y a une légère hausse des étudiants qui peuvent échouer un stage au cours de leur formation. En cas d’échec, les étudiants ont droit à une reprise.

Les doyens des facultés d’éducation avaient réclamé une rencontre avec Québec pour discuter de pénurie. Celle-ci doit avoir lieu le 25 avril.

Tout en soutenant que la CSRS ne connaît pas de pénurie, le directeur des ressources humaines de la CSRS, Daniel Samson, souligne que les difficultés de recrutement touchent principalement les enseignants en anglais. Éric Faucher, porte-parole de l’Association des écoles privées de l’Estrie (AEPE), abonde dans le même sens, tout en ajoutant que les enseignants de science se font plus rares également.