Même si 200 tonnes de plastique souple sont entreposées depuis deux ans à l’extérieur du centre de tri de la rue Claude-Greffard, la Régie de récupération de l’Estrie n’a pas l’intention de changer ses habitudes de collecte.

La récupération des sacs de plastique sera maintenue

Même si 200 tonnes de plastique souple sont entreposées depuis deux ans à l’extérieur du centre de tri de la rue Claude-Greffard, la Régie de récupération de l’Estrie n’a pas l’intention de changer ses habitudes de collecte.

La direction de Récup Estrie a plutôt espoir de trouver des débouchés pour cette matière, constituée essentiellement des fameux sacs de plastique à usage unique — qui seront interdits à Sherbrooke et dans le Val-Saint-François à compter de 2020 — ainsi que de plastique agricole.

« Il n’y a aucune réflexion qui est faite chez nous pour ne pas prendre le plastique souple, ni pour l’envoyer ailleurs qu’à la valorisation. Pour le moment on l’entrepose et on encourage les citoyens à le récupérer » , assure la directrice générale de Récup Estrie Taraneh Sépahsalari.

Mme Sépahsalari était invitée à réagir au fait qu’en Mauricie, la Régie de gestion des matières résiduelles a décidé de ne plus récupérer les sacs de plastique, puisqu’ils ne trouvent pas preneur sur le marché des recycleurs de cette région.

Là-bas, les sacs de plastique représentent moins de 3 % du bac de récupération, ont précisé les gestionnaires, et la Régie ne dispose pas non plus de l’espace pour les entreposer indéfiniment, si bien qu’ils seront désormais enfouis.

Mme Sépahsalari explique que le portrait n’est guère différent en Estrie mais que son conseil d’administration l’a plutôt mandatée pour trouver d’autres avenues pour valoriser le plastique souple.

La semaine dernière, par exemple, un camion de 15 tonnes de ballots de plastique a été envoyé chez Sanitaire à Lac-Mégantic où l’entreprise prend part à un projet pilote de valorisation de cette matière en biodiesel aux États-Unis.

Débouché possible

Récup Estrie surveille également les avancées d’Enviroplast qui teste actuellement un nouveau procédé de recyclage à son usine d’Anjou qui a nécessité un investissement de 10 millions $ en 2018.

Si leur projet est concluant, espère Mme Sépahsalari, ils pourraient valoriser 15 000 tonnes de plastique souple la première année et être en mesure ultimement d’absorber tous les sacs de plastique qui sortent des centres de tri de la province.

« On est en attente de ce côté, comme d’autres centres de tri au Québec. Parce qu’on veut que les sacs de plastique soient valorisés. On ne veut pas les enfouir ou demander aux citoyens de les envoyer aux déchets. On veut que ce soit valorisé, mais ce n’est pas encore possible. »

La directrice générale de Récup Estrie en profite pour rappeler aux citoyens que les sacs de plastique doivent être ensachés dans un sac en plastique noué avant d’être mis dans le bac de récupération afin d’éviter qu’ils causent des problèmes sur les lignes de tri.

« On a beaucoup de plastique lousse qui nous cause des problèmes. Les sacs de plastique, ce n’est pas évident. S’ils ne sont pas ensachés, ils sont détectés comme du papier par nos équipements et contaminent même le papier. L’enlever sur les convoyeurs, ce n’est pas non plus évident. Ça nous cause des arrêts et des bris. Et ce n’est pas juste les sacs d’épicerie, c’est les sacs de lait et tous les sacs de plastique autour de nous. »

Elle précise également que tous les emballages de plastique ne sont pas nécessairement recyclables. C’est le cas notamment des emballages de plastique laminés qui sont de plus en plus utilisés dans l’industrie alimentaire.

Sur le site internet de Récup Estrie, on détaille d’ailleurs les plastiques qui vont au recyclage et ceux qui doivent être mis dans le bac à déchets.

Récup Estrie couvre le territoire de la Ville de Sherbrooke ainsi que les MRC de Memphrémagog, de Coaticook, du Haut-Saint-François, du Val-Saint-François et des Sources.

Dans le bac ou à l’écocentre?

La période des déménagements n’est pas de tout repos chez Récup Estrie. « C’est incroyable tout ce qui va rentrer chez nous dans les prochaines semaines, commente la directrice du centre de tri de la rue Claude-Greffard, Taraneh Sépahsalari. On va avoir beaucoup de matières qui n’ont pas d’affaires ici. C’est pour ça qu’on se prépare et qu’on a mis beaucoup d’informations sur notre site internet. » Des contenants de peinture, des rideaux, des jouets de plastique, par exemple. « Les stores horizontaux, les rideaux de douche, c’est un fléau en période de déménagement. Et tout ce qui va rester au bout des déménagements, ça va arriver chez nous. » Or si beaucoup de ces objets sont effectivement recyclables, plusieurs doivent être déposés directement dans les écocentres pour ce faire. Car le centre de tri, faut-il le rappeler, ne sert pas à séparer les déchets des matières recyclables, mais bien à trier les matières recyclables en différentes catégories. « Il faut que les citoyens trient à la source, insiste Mme Sépahsalari. Avant de mettre un objet dans un bac, il faut se demander si ça va vraiment dans ce bac-là. »