Jean-Benoit Jubinville

La récupération de jeunes athlètes du Triolet sous la loupe de l’INS

PRIMEUR / Des élèves du programme de sports-études du Triolet prennent part à un projet pilote unique au Québec. L’exercice mené en collaboration avec l’Institut national du sport (INS) permet de s’intéresser spécifiquement à la récupération des jeunes sportifs.

« Avec l’INS, on a décidé de travailler sur des plans de récupération; c’est tout ce que les athlètes font en dehors du sport pour mieux performer », explique Jean-Benoît Jubinville, directeur des programmes sportifs au Triolet.

L’objectif ultime est que les jeunes athlètes puissent mieux performer, tout en réduisant le risque de blessures.

« Quand tu es plus en forme, tu te sens mieux, tout va, le côté émotionnel aussi; ça touche à toutes les sphères de l’athlète », souligne Mme Kairns, conseillère programme et événement à l’INS.

« On veut conscientiser les jeunes : ce n’est pas juste de s’entraîner sur le terrain en préparation physique. C’est tout ton mode de vie qui fait que tu vas pouvoir maximiser ta performance », rappelle M. Jubinville. « On en parle beaucoup aux élèves athlètes, mais ce n’est pas facile à mesurer. »

« On a fixé un déterminant de la performance (avec le Triolet), mais l’idée est de le reproduire dans d’autres écoles avec d’autres déterminants de la performance », explique Louise Kairns.

L’INS avait d’abord sondé les besoins des entraîneurs l’année dernière.

Le projet regroupe des élèves de patinage artistique, de volley-ball, de basket-ball et de patinage de vitesse. Cette année, une centaine d’élèves étaient impliqués.

« Chacun travaillait sur quelque chose en particulier. Au volley-ball, par exemple, ils ont travaillé sur la relaxation musculaire par rouleau. C’est très spécifique. Au basket-ball, on a parlé du sommeil. On a analysé le sommeil des athlètes, ils dormaient avec une montre spéciale pour qu’on puisse en faire l’analyse », explique M. Jubinville.

Un préparateur physique était associé à chaque discipline et s’intéressait aux besoins des jeunes.

Des physiologues de l’INS ont rencontré les entraîneurs et ont expliqué ce qu’ils font pour favoriser la récupération des athlètes de niveau olympique.

« On parle de possibilités qu’on ne peut faire avec le nombre d’athlètes qu’on a, mais on essaie d’adapter ça à des jeunes de 12-17 ans », précise M. Jubinville. « On cherche des façons de faire que l’on peut mettre en place avec des grands groupes. »

Une nouvelle plateforme

Le projet pilote s’est déroulé dans les dernières semaines et se poursuivra à la rentrée scolaire.

« On travaille avec l’INS pour avoir accès à une plateforme électronique et peut-être créer un outil électronique qui permettrait à nos athlètes d’entrer certaines données chaque jour, par exemple le contenu de leur assiette, combien d’heures ils ont dormi, ont-ils fait une sieste… toutes les données que l’entraîneur aimerait avoir. Le jeune, avec son cellulaire, pourrait répondre à ces questions-là. Ça lui donnerait un pointage sur comment il récupère », explique Jean-Benoît Jubinville, également directeur des services aux athlètes de niveau espoir chez Excellence sportive Sherbrooke, également partenaire dans ce projet.

Louise Kairns précise que c’est Excellence sportive Sherbrooke qui ferait la gestion de ce volet. Il s’agit d’une base de données sécurisée pour laquelle chaque athlète doit signer un formulaire de consentement. La plateforme est accessible aux entraîneurs et les informations qu’elle contient peuvent notamment les aider à mieux planifier les entraînements.

Un des projets de l’INS avec cette plateforme est de voir si on pourrait l’intégrer au réseau des centres d’entraînement multisport en région, ajoute Mme Kairns.