Moisson Estrie a une entente avec 16 épiceries de Sherbrooke et ses environs, dont à peu près toutes les grandes surfaces, et l’organisme a les installations nécessaires pour recevoir le surplus d’inventaires des 26 épiceries du territoire, mais le financement du transport, entre l’épicerie et la banque alimentaire, de ces denrées est insuffisant.
Moisson Estrie a une entente avec 16 épiceries de Sherbrooke et ses environs, dont à peu près toutes les grandes surfaces, et l’organisme a les installations nécessaires pour recevoir le surplus d’inventaires des 26 épiceries du territoire, mais le financement du transport, entre l’épicerie et la banque alimentaire, de ces denrées est insuffisant.

La récupération d’aliments bondit chez Moisson Estrie

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
La récupération des surplus alimentaires par Moisson Estrie a augmenté de 32 pour cent, passant d’une moyenne de 17 370 kg par semaine à 22 914 kg par semaine depuis le début de la pandémie.

« La hausse de 32 pour cent inclut la récupération dans les restaurants, certains producteurs et fournisseurs ainsi que les supermarchés. Si on parle juste des épiceries, on parle d’une hausse de 13 % », précise la directrice générale de Moisson Estrie, Geneviève Côté.

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Pour ce qui est du gaspillage alimentaire dénoncé par un groupe de dumpster divers de Sherbrooke dans un texte de La Tribune publié dimanche, la directrice générale de Moisson Estrie croit que ce n’est pas un manque de volonté des épiciers-partenaires avec la banque alimentaire.

« Je crois que c’est exceptionnel cette quantité de nourriture jetée par les épiceries et que le problème est au niveau des ressources humaines et pas un manque de volonté. Les épiciers et leurs employés sont débordés. J’en ai croisé plusieurs qui étaient très cernés. Ils manquent de main-d’œuvre. Plusieurs jeunes de 16 ans viennent s’offrir, mais n’ont pas nécessairement été sensibilisés ou formés sur l’importance de minimiser le gaspillage alimentaire », note Geneviève Côté, qui trouve dommage qu’on pointe des épiciers qui donnent énormément à l’organisme.

Dans le texte de dimanche, le groupe de dumpster divers déplorait que des quantités importantes de nourriture soient encore jetées aux poubelles par les épiciers. Il était question notamment de l’équivalent de trois paniers d’épicerie remplis de bananes à peine tachetées, au moins 275 kg de carottes bien fermes, plus de 500 kg de haricots noirs biologiques secs et des dizaines de sacs de légumes prêts à cuisiner.

« Aussi il y a certains aliments que les dumpster divers considèrent comme mangeables, mais que je ne pourrais pas servir. Je ne peux pas accepter des sacs troués ou des aliments qui risqueraient d’intoxiquer ma clientèle. Je ne veux pas être la poubelle des épiceries non plus », note Mme Côté, ajoutant que les dumpster divers ont amené pour 150 kg de nourriture à Moisson Estrie au cours des quatre dernières semaines, dont 125 kg de haricots secs, ce qui est négligeable comparé à la nourriture amassée chez les épiciers partenaires.

Évidemment, l’élimination complète du gaspillage alimentaire est souhaitable, ajoute-t-elle.

Demande d’aide financière à la Ville

Rappelons que Moisson Estrie a une entente avec 16 épiceries de Sherbrooke et ses environs, dont à peu près toutes les grandes surfaces, et l’organisme a les installations nécessaires pour recevoir le surplus d’inventaires des 26 épiceries du territoire, mais le financement du transport, entre l’épicerie et la banque alimentaire, de ces denrées est insuffisant.

Depuis deux ans, la directrice générale de Moisson Estrie est en pourparlers avec la Ville de Sherbrooke pour obtenir du financement à cette fin.

« On détourne des sites d’enfouissement pour environ 6 millions $ de nourriture alors je crois que la Ville pourrait contribuer en finançant le transport des aliments qu’on récupère. D’autres villes comme Trois-Rivières, Ottawa et Montréal le font très bien », note Geneviève Côté.

La conseillère municipale Karine Godbout, qui est présidente du comité de l’environnement et membre du Comité de développement social et communautaire, maintient que sa porte est ouverte.

« Le gaspillage alimentaire sera un enjeu important dans le prochain Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) de la Ville de Sherbrooke et aussi dans les actions de réduction des gaz à effet de serre. Pour la planification de la réécriture du PGMR, l’échéancier pré-COVID nous amenait à l’automne pour entamer cette réflexion avec les différentes parties prenantes. Les échéanciers sont présentement en révision », résume Mme Godbout.

Karine Godbout