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Nadia Fortin, réalisatrice de<em> La recette du bonheu</em>r, et Alain Delorme, neveu d’Yvonne Delorme, la femme au cœur du court-métrage, que l’on voit sur le cellulaire.  
Nadia Fortin, réalisatrice de<em> La recette du bonheu</em>r, et Alain Delorme, neveu d’Yvonne Delorme, la femme au cœur du court-métrage, que l’on voit sur le cellulaire.  

La recette du bonheur… à 111 ans

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
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La Sherbrookoise Yvonne Delorme a 111 ans, quatre enfants de plus de 65 ans, une excellente mémoire… et des panoplies d’histoires à raconter. La réalisatrice Nadia Fortin s’est intéressée à la vie de celle qui réside désormais au CHSLD d’Youville, et réalisera La recette du bonheur, un court-métrage documentaire à l’image de Mme Delorme.

«Avec tout ce qui se passe avec la pandémie actuelle, j’ai l’impression qu’on perd beaucoup la richesse de nos personnes âgées, toutes leurs histoires, leurs savoirs…» avance Nadia Fortin, aussi comédienne. 

«Quand Alain [Delorme, le neveu d’Yvonne Delorme] m’a parlé de sa tante, je me suis dit qu’on ne pouvait pas passer à côté de ça. Il faut lui donner la possibilité de prendre la parole pour que les gens puissent entendre la richesse des choses qu’elle peut partager, autant sur la Première et la Deuxième Guerre mondiale que sur comment elle a vécu avec l’autosuffisance», poursuit-elle.

L’équipe a eu la possibilité de filmer Mme Delorme en juillet à l’extérieur avec distanciation, masques et visières. La sortie du court-métrage est toutefois prévue au début 2021, délai un peu long pour elle. «En raison de son âge avancé, nous avons décidé de ne plus attendre davantage pour mettre un peu de joie dans son quotidien et lui faire vivre des moments magiques», indique Mme Fortin. L’équipe a donc décidé de sortir un extrait que Mme Delorme a pu visionner lundi, plusieurs fois plutôt qu’une! 

« Elle était très contente, et elle a trouvé ça très beau», souligne Nadia Fortin.

En parallèle, Yvonne Delorme pourra suivre toutes les entrevues et publications qui seront réalisées à même le CHSLD où elle réside grâce au personnel dévoué. «Yvonne apprécie grandement ce que l’on fait pour elle à Youville et elle se sent appréciée», note Alain Delorme. «L’équipe nous a aidés à pouvoir faire le documentaire et tout le monde est disponible pour elle, c’est extraordinaire», tenait-il à souligner.  

C’est d’ailleurs la deuxième fois qu’un membre de son entourage est la «vedette» d’un court-métrage de Mme Fortin. En effet, en 2018, sa fille Josée Delorme, atteinte de paralysie cérébrale, était au cœur du film Rouge D 4 Femme.

La vie à 111 ans 

Avec la pandémie, Yvonne Delorme ne peut plus recevoir autant de visites qu’avant, ce qui est un peu plus difficile pour elle. Les éclosions de COVID-19 qu’il y a eu à Youville ont également été une source de stress, mais le personnel l’a bien protégée et elle n’a pas contracté le virus. «Tout le monde aimerait avoir ses anticorps!» rigole Nadia Fortin. 

C’est sûr qu’elle trouve parfois le temps long, mais elle se considère chanceuse d’être en vie, surtout pour ses enfants. «Ce n’est pas rien, elle a célébré les 82 d’une de ses filles!» note son filleul.

«Mais elle accepte vraiment le volet de la mort, surtout «si ça vient d’un coup et que ça ne s’éternise pas»», ajoute la réalisatrice. 

C’est sûr qu’il y a certaines références qu’Yvonne Delorme ne comprend pas, mais ça crée des moments cocasses. «Vidéo, ce n’est pas un mot qu’elle comprend. Film non plus. Mais avec télévision, on a réussi à lui expliquer notre projet», raconte Nadia Fortin.

Grâce à sa famille, au personnel du CHSLD, à sa bonne mémoire et sa santé, Yvonne Delorme réussit à trouver sa propre «recette du bonheur», même à 111 ans. 

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