Enseignant en soins infirmiers et chercheur au CEREFS du Cégep de Sherbrooke, Ivan L. Simoneau mènera une étude sur la réalité virtuelle dans l'enseignement aux futurs ambulanciers paramédics.

La réalité virtuelle au bénéfice des futurs ambulanciers

La réalité virtuelle semble de plus en plus faire sa place dans le milieu de l'enseignement. Cet outil pédagogique pourrait grandement améliorer la formation offerte aux futurs ambulanciers paramédics.
C'est du moins l'hypothèse qu'émet Ivan L. Simoneau, enseignant au Cégep de Sherbrooke, qui pilotera une étude sur le sujet. Il se penchera sur la pertinence pédagogique de la réalité virtuelle dans la formation en soins préhospitaliers d'urgence, alors qu'un nombre important d'étudiants échouent à leur examen de fin d'études.
M. Simoneau et ses deux collègues s'appuient sur un dur constat : un nombre important d'étudiants échouent la partie pratique de leurs examens de fin d'études. Résultat : ces étudiants ne peuvent pas obtenir leur droit de pratique.
« Les étudiants réussissaient très bien leurs programmes, dans chacun des cégeps, mais quand ils arrivaient à l'évaluation nationale, l'échec était supérieur à 50 %. Dans cette évaluation nationale qui décerne le droit de pratique aux paramédics, ça veut dire qu'un étudiant étudie trois ans, qu'il arrive à l'examen... mais il y en a plus de 50 % qui échouent, c'est majeur. L'examen était fondé sur deux composantes : une théorique, que l'ensemble des étudiants réussissaient à merveille, mais la composante pratique, où il y avait des échecs importants... Le jeune ne pouvait pas obtenir son droit de pratique. »
Ces difficultés s'expliqueraient notamment par « un manque d'exposition des étudiants et des étudiantes à des situations d'apprentissage authentiques ».
Le trio a obtenu une subvention de 600 000 $ sur deux ans afin de se pencher en profondeur sur la question : la simulation par la réalité virtuelle totalement immersive (SRVTI) représente-t-elle une solution pédagogique pour développer certaines compétences en soins préhospitaliers d'urgence? Les chercheurs ont obtenu cette subvention dans le cadre du Programme d'aide à la recherche sur l'enseignement et l'apprentissage (PAREA).
Aux yeux de M. Simoneau, la réalité virtuelle pourrait prendre de plus en plus de place.
« C'est une technologie abordable, avec laquelle les limites sont la limite de la créativité. »
Le Cégep de Sherbrooke n'offre pas le programme de soins préhospitaliers d'urgence, mais il offre toutefois de la formation continue aux ambulanciers paramédicaux.
Il avait demandé à Québec de pouvoir l'offrir, mais jusqu'ici sans succès. Le programme est toutefois offert dans sept établissements collégiaux.
Si la recherche s'avère concluante, les bénéfices de la réalité virtuelle pourraient aussi s'appliquer à l'ensemble des premiers répondants. Cette formation pourrait notamment servir aux étudiants de techniques policières, aux pompiers, etc.
« Si on veut simuler un accident, il faut faire venir une voiture, c'est très onéreux, illustre M. Simoneau. Avec cette technologie-là, on serait capable de faire vivre des situations. »
Selon lui, les chercheurs pourraient en arriver à développer un modèle de formation dans le réseau, de même qu'un modèle en formation continue.
La recherche va s'enclencher cet automne. Les résultats devraient être connus en 2019.
M. Simoneau est l'un des chercheurs qui se sont penchés sur l'utilisation de la simulation clinique haute fidélité sur l'apprentissage des étudiants. Les travaux qu'il a réalisés avec ses collègues professeurs-chercheurs ont mené à l'implantation du Centre de recherche et de formation par simulation (CEREFS) au Cégep de Sherbrooke, où les étudiants peuvent apprendre avec des mannequins simulateurs haute-fidélité.
M. Simoneau mène l'étude sur la réalité virtuelle avec ses collègues Bruno Pilote et Sylvain Lemieux du Cégep de Saint-Foy.
Rappelons que dans la région, le Séminaire de Sherbrooke souhaite créer un « environnement de réalité virtuelle », avec la collaboration de sa fondation. La faculté de génie de l'Université de Sherbrooke a pour sa part officiellement inauguré le laboratoire Imaginactive, qui sert entre autres aux inventeurs et aux entreprises qui souhaitent tester leurs idées.