Selon les porte-paroles de la Guignolée Antoine Laperle (à gauche) et Maude Mercier (à droite), c’est plus de 50 demandes qui ont été faites dans la dernière année à la banque alimentaire de l’Association étudiante du Cégep. Au centre de la photo, Laurence Gariepy, étudiante en travail social.

La précarité étudiante mise en lumière

Sept étudiants en travail social au Cégep de Sherbrooke passeront trois jours et deux nuits dans un camp de base sur le campus dans le cadre de la Guignolée étudiante. Leur objectif : sensibiliser les gens à la précarité parfois extrême des étudiants.

Et pas question pour ces étudiants d’aller se chercher un repas au Tim Horton ou de se faire livrer du poulet.

« Le but est de comprendre cette précarité de logement et la précarité alimentaire, signale Antoine Laperle, porte-parole de la Guignolée. On n’aura pas le droit de manger notre propre nourriture. On a juste le droit aux dons des gens qui vont passer. Je n’ai pas de souper donc si personne ne m’en apporte je vais devoir dormir sans avoir mangé. Ça se peut que je n’aie pas de déjeuner le matin. »

Tout ça en continuant de suivre sa formation au Cégep.

« Si j’ai des travaux à remettre, je les remets comme tout le monde. Si j’ai un examen, j’y vais. »

Pour amasser des fonds, des soupes, des tasses et des brownies seront en vente au camp de base situé au cœur du campus entre les pavillons 2 et 3. Tous les profits seront remis à Moisson Estrie.

Une réalité cachée

Selon les porte-paroles de la Guignolée, c’est plus de 50 demandes qui ont été faites dans la dernière année à la banque alimentaire de l’Association étudiante du Cégep.

« Ça peut paraître peu, mais la banque alimentaire n’existe que depuis quelques années donc les gens ne sont pas nécessairement au courant, explique Maude Mercier, elle aussi co-porte-parole de la Guignolée. Et selon les chiffres, les demandes viennent en majorité d’étudiants parents ou de chefs de famille. »

Le problème est plus imposant qu’il laisse paraître selon Antoine Laperle.

« On peut parler de la banque alimentaire du Cégep, mais il y a aussi Moisson Estrie qui donne beaucoup de nourriture aux étudiants qui ne veulent pas nécessairement, à cause de la stigmatisation, venir demander de l’aide au Cégep, ajoute-t-il. Les prêts et bourses sont difficiles d’accès et généralement ce n’est pas assez. »

Cette précarité extrême peut avoir des conséquences concrètes sur la vie d’un étudiant.

« C’est dur pour la concentration, souligne Antoine Laperle. Tu peux dormir chez un ami et il n’y a pas de divan. Tu dors sur le sol. Si tu as un examen le lendemain et que tu n’as rien à manger, c’est difficile. Ça ne paraît pas au Cégep, mais ces situations existent vraiment. »

« C’est aussi des limites avec la diversité des aliments, indique Maude Mercier. Il y a des gens qui ont des carences. C’est difficile d’avoir un esprit sain dans un corps sain. »

Toujours dans le cadre de la Guignolée, d’autres étudiants feront du porte-à-porte dans les rues de Sherbrooke afin de collecter des denrées et des dons en argent qui seront remis à Moisson Estrie.