Les travaux de réfection de la piscine du CAP sont évalués à quelque 4,3 M$. Le Cégep de Sherbrooke peine à trouver le financement nécessaire pour mener le projet à bien.

La piscine du CAP pourrait fermer

Le Cégep de Sherbrooke doit trouver un plan B pour la réfection de la piscine du Centre de l’activité physique (CAP), qui nécessite d’importants travaux. La demande de subvention de 2 M$ n’a pas été retenue parmi les candidatures déposées au programme de soutien aux installations sportives et récréatives. Plusieurs scénarios sont sur la table, jusqu’à la fermeture de la piscine.

Parmi les projets qui n’ont pas été retenus, on compte aussi la demande de subvention déposée par la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) pour la concrétisation d’un terrain synthétique à l’école internationale du Phare de quelque 3,5 M$, de même que la demande de subvention déposée par le Séminaire de Sherbrooke pour un terrain multifonctionnel, qui s’inscrit dans un projet plus vaste d’amélioration des espaces.

« Il faudra voir quel est l’état de nos budgets dans l’investissement. Il y aura probablement différents scénarios. L’un d’eux, c’est la fermeture de la piscine. Il y a la possibilité d’un règlement d’emprunt. Il faudra examiner l’ensemble (des possibilités) et c’est le CA qui va prendre la décision », commente la directrice du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, lorsqu’on lui demande quelle est la suite des choses. La possibilité d’un règlement d’emprunt de 2 M$ avait déjà été avancée. 

Le projet de réfection de la piscine, qui montre des signes de détérioration importants, est évalué à quelque 4,3 M$. La subvention aurait permis d’assumer environ la moitié des coûts, tandis que le Cégep et la Ville de Sherbrooke auraient assumé respectivement 25 % des coûts. La Ville de Sherbrooke s’était engagée à investir 1,05 M$ pour rénover la piscine, mais cette aide financière était conditionnelle à ce que Québec accorde la subvention de 2,1 M$ au Cégep. Il faudra maintenant voir si la Ville veut tout de même s’engager financièrement, note Mme Bélanger. 

Des cégeps ont déjà fermé leur piscine ou y réfléchissent, note celle qui accueillait quelque 5800 étudiants pour la rentrée lundi.

« Ce n’est pas notre premier choix, mais on ne peut pas soutenir la population sans être aidés un peu. Ça ne serait pas de gaieté de cœur parce que ce n’est pas le souhait qu’on a. Si on est obligés de le faire parce qu’on n’a pas d’aide, on va aller là », se désole Mme Bélanger.

La piscine du CAP sert aux étudiants, mais également à la population sherbrookoise. « On a démontré que 80 % des usagers, ce sont des gens de la population (...)  On est extrêmement déçus. »

L’institution avait déjà tenté sa chance à une précédente phase. 

Au moment de l’entrevue, elle n’avait pas encore reçu de lettre officielle disant que la demande avait été rejetée. Du côté de Québec, on confirme que ce dossier n’a pas été retenu. On précise aussi que les dossiers ont été évalués par un comité indépendant.

À la fin juillet, le ministre responsable de l’Estrie, Luc Fortin, a annoncé qu’une aide financière pouvant atteindre près de 7 M$ serait allouée pour réaliser 17 projets d’infrastructures et récréatifs en Estrie. De ce montant, une somme pouvant atteindre 3,7 M$ a été réservée pour la rénovation des stades intérieur et extérieur de l’Université de Sherbrooke. 

Du côté du Séminaire de Sherbrooke, la rectrice-directrice générale, Caroline Champeau, précise que cela ne change rien à la suite du projet, évalué à quelque 4 M$. 

« On avait prévu qu’on allait quand même de l’avant », souligne-t-elle. Le projet a été scindé en cinq étapes. La première, celle de la construction d’un stationnement, est complétée. La deuxième phase, qui prévoit de l’excavation et du drainage, sera lancée après la fête du Travail. 

Le projet de rénovation de 6,2 M$ du Centre Expo-Sherbrooke a aussi été écarté. Les travaux auraient permis de répondre aux besoins du club de gymnastique SherGym, du club de cheerleading Impakt, du judo et de l’escrime.

Du côté de la CSRS, l’organisation tentera sa chance de nouveau lors du prochain appel de projets du ministère de l’Éducation. Le terrain naturel de soccer et football et la piste d’entraînement de l’école internationale du Phare sont dans un état « nécessitant un entretien annuel extrêmement coûteux ». Au besoin, rappelle Carl Mercier, directeur général adjoint à l’administration, le terrain de l’école du Triolet pourrait être utilisé. Celui-ci peut servir à l’ensemble des écoles secondaires. 

Par ailleurs, concernant l’école D, dont le projet n’a pas été retenu par Québec, la CSRS entend déposer de nouveau ce dossier d’ici la mi-septembre pour une demande d’ajout d’espace. Rappelons que l’école D devait être construite à côté de l’école du Phare.