La jeune autiste Romy Teasdale-Rochford pourra réintégrer dès ce matin le programme d'intégration scolaire duquel elle avait été expulsée la semaine dernière par le CIUSSS de l'Estrie CHUS.

La petite Romy réintégrera le programme au CIUSSS

La jeune autiste Romy Teasdale-Rochford, 5 ans, pourra réintégrer dès ce matin le programme d'intégration scolaire duquel elle avait été expulsée la semaine dernière. Ses parents ont appris la bonne nouvelle lors d'une rencontre organisée en fin de journée lundi avec le CIUSSS de l'Estrie CHUS, organisme qui offre le programme estival ayant pour objectif de préparer les enfants autistes à leur rentrée à la maternelle à l'automne.
Par l'entremise de La Tribune, les parents de la fillette, Nancy Teasdale et Tyler Rochford, avaient dénoncé, le fait que la directrice du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDITED) Estrie ait décidé de renvoyer Romy du programme après deux retards de quelques minutes. Bien que le code de vie du programme prévoit que l'enfant soit retiré du programme après deux retards, les parents de Romy déploraient le manque de flexibilité de ce règlement dans un contexte où le programme s'adresse à des enfants aux besoins particuliers.
«Le code de vie ne sera pas réécrit à ce moment-ci, mais il est évalué chaque année et j'ai fait quelques suggestions de changements qui ont semblé intéresser les intervenants du programme», a expliqué Mme Teasdale après la réunion avec le CIUSSS de l'Estrie CHUS.
Les retards qui avaient motivé l'expulsion de Romy en étaient un de deux minutes et un autre de cinq minutes, selon les parents. Le premier étant lié à une crise de la fillette «qui n'avait pas la bonne paire de chaussures» et le deuxième étant causé par du trafic routier et un appel professionnel qui avait duré une minute de plus. Mme Teasdale expliquait alors que les enfants autistes sont rigides et qu'il n'est pas toujours facile de gérer les départs et les transitions.
Parmi les suggestions que les parents de Romy ont proposées, il y a la création d'une période tampon de 15 ou 30 minutes durant laquelle l'enfant pourrait arriver ou quitter le programme plutôt qu'une heure fixe.
«Aussi, en cas de retard, les responsables du programme pourraient suggérer une heure ultérieure de réintégration au groupe qui ne perturberait pas les activités de la classe», note Mme Teasdale qui a également proposé que les parents soient rencontrés avant qu'une décision d'expulsion soit prise « dans un esprit de collaboration et de travail en équipe ».
«On devrait traiter les parents comme des adultes et ne pas chercher à les punir, car ce sont les enfants qui sont punis finalement. Les intervenants rencontrés ont admis qu'il y avait des améliorations à apporter dans les communications avec les parents. Je suis satisfaite et si des changements sont apportés au code de vie pour le rendre plus flexible, ça aura valu la peine de sortir publiquement pour Romy et les autres enfants qui participeront au programme dans les années à venir», a conclu la mère de famille.
Romy est atteinte d'un autisme de haut niveau qui lui permettra d'intégrer une classe régulière à la rentrée. L'autisme de haut niveau est une forme d'autisme qui permet aux personnes atteintes d'interagir socialement et d'exprimer leur intelligence. La grande soeur de 8 ans de Romy, Gabrielle, est aussi atteinte d'autisme de haut niveau.