Croquarium, un organisme qui met de l’avant le jardinage éducatif et l’éducation par le goût, nomme de nombreux bénéfices à l’engouement des familles pour le jardinage cette année, dont l’amélioration de la relation parent-enfant, la création de liens intergénérationnels, la favorisation de l’autonomie et la valorisation alimentaire.
Croquarium, un organisme qui met de l’avant le jardinage éducatif et l’éducation par le goût, nomme de nombreux bénéfices à l’engouement des familles pour le jardinage cette année, dont l’amélioration de la relation parent-enfant, la création de liens intergénérationnels, la favorisation de l’autonomie et la valorisation alimentaire.

La petite libération verte

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
« Tout à coup, on n’était plus dans la performance. Les gens se sont donné le droit d’essayer. » C’est avec émerveillement que Mélanie Mercier, responsable des communications et du développement des affaires chez Croquarium, a vu les familles québécoises reconnecter avec la source de leur nourriture depuis ce printemps.

Malgré un bouleversement de ses activités avec la pandémie, l’organisme prônant le jardinage éducatif et l’éducation par le goût a vu ses valeurs adoptées par un nombre croissant de familles et d’éducateurs, en plus de constater de réels impacts. 

« Il y a eu un moment de découverte. Au lieu de devoir essayer de placer quelque chose dans le temps, les gens se sont permis d’explorer. Pour nous, dans notre travail avec les enfants, la curiosité et la création de ces espaces de disponibilité là, c’est la clé du plaisir. Et le plaisir, c’est la clé de l’apprentissage », dit celle qui a également remarqué des bénéfices pour la relation parent-enfant. 

Le jardin est aussi un lieu au potentiel immense de connexion communautaire, plaide-t-elle. « C’est un peu plus difficile en ce moment, mais on a par exemple tous un ami qui a trop de courges. Il y a la notion de partage, et tout à coup, la voisine de 73 ans qui avait un jardin dans le temps vient partager ses connaissances. On a eu des témoignages de familles dont les enfants, tout à coup, appelaient leurs grands-mères pour demander des conseils. »

De plus, le potager permet d’introduire des notions de mathématiques, par exemple lorsque vient le temps de délimiter les rangs, en plus de favoriser l’autonomie, la persévérance et la satisfaction, dit-elle. 

« L’enfant réalise tout le travail qu’il a fait. Finalement, il a une carotte et c’est la meilleure du monde, même si elle est croche. Après, le rapport à ce qui est dans le frigo est différent. Il y a un effet direct sur le gaspillage. » 

Une reconnaissance qui s’est transposée chez les adultes aussi, avance Mélanie Grégoire, propriétaire des Serres St-Élie et mère de deux jeunes garçons déjà initiés au jardinage. 

L’horticultrice s’est réjouie devant l’engouement des derniers mois pour son secteur. « Et pas seulement parce qu’on a fait une bonne année : c’est mon mode de vie, commente-t-elle. Je fais des potagers depuis plusieurs d’années et à la maison, on a des poules, des arbres fruitiers... J’ai l’impression que cette année, les gens se sont rendu compte de l’importance du métier qu’on fait. Les producteurs en serre sont importants, et pas juste nous : les semenciers, les maraîchers, toute cette chaîne-là a pris de la valeur. Par exemple, avant cette année, très peu de gens savaient que j’offrais des semences québécoises. Ça a été découvert. »

 En ce qui la concerne, le jardinage a ce pouvoir de « ramener au moment présent », explique-t-elle. « Il y a quelque chose d’étrange qui se passe quand tu es dans le potager et que tu mets les deux mains dans la terre. Je ne le sais pas comment l’expliquer autrement. Tout à coup, tu es en train de semer, et tu entends les oiseaux, le vent... il y a quelque chose d’authentique. C’est très connecté avec la nature. Il faut donner le temps au temps, et le potager t’y oblige. » 

« Adultes comme enfants, on est très déconnectés de la nature, souligne d’ailleurs Mélanie Mercier de Croquarium. Il y a plusieurs études qui font des liens entre cette perte de contact là avec la nature et l’anxiété généralisée, puis l’état de santé qui se dégrade. »  

Les vidéos et activités de Croquarium qui ont été publiées en ligne afin de rejoindre les familles, durant l’été et le confinement, ont été téléchargées des milliers de fois. Après plusieurs mois en mode virtuel, l’organisme reprend ses formations du personnel des milieux éducatifs et ateliers auprès des enfants, en plus d’accompagner certaines municipalités dans la gestion de jardins collectifs et communautaires.