La pauvreté, grande absente des discours électoraux

Il y a 17,8 % de la population qui vit en situation de pauvreté à Sherbrooke. Pourtant, dans le cadre de la campagne électorale, « la pauvreté n’est pas présente, elle est absente des discours », soutiennent les représentants du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté.

« Il faut que les partis en parlent pendant cette dernière semaine de la campagne », insistent-ils.

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« Au Québec, il y a 750 000 personnes au Québec ne couvrent pas leurs besoins de base. Et c’est plus que ça, parce qu’en haut de ça, tu es encore pauvre. Tu ne peux pas te payer de billets de théâtre, de petites sorties, un restaurant. Ton frigidaire brise, tu ne peux pas le réparer. C’est la pauvreté », déplore Line Marcoux, représentante du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté.

Au salaire minimum, les gens vivent encore en situation de pauvreté, souligne-t-on. « Dans les banques alimentaires, il y a des gens qui travaillent! Le salaire viable est de 15 $ de l’heure. Ça permet de vivre. Pour les entreprises qui donnent 15 $, il y a plein de bons côtés : la main-d’œuvre reste plus longtemps, moins de formation à donner... », énumère-t-elle.

« À 15 $, on n’a pas assez d’argent pour aller dans les paradis fiscaux, mais ça permet de vivre! Je peux aller au cinéma, je peux aller au restaurant une fois, je vais vivre ma communauté. C’est pour ça qu’on est en faveur du 15 $ de l’heure », ajoute Mme Marcoux.

Le comité régional a demandé aux candidats de l’Estrie de tous les partis de répondre à un questionnaire pour spécifier leurs engagements face à la lutte à la pauvreté.

« Après la lecture de leurs réponses, nous avons décerné des Méritas ou des Prix cactus selon le degré d’implication des partis dans la lutte à la pauvreté », soutient Line Marcoux, représentante du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté.

Trois Méritas ont été remis, dont un dans la catégorie « S’engager à sortir un million de personnes de la pauvreté ». Québec solidaire et le Parti vert ont reçu ce Méritas parce que leur plateforme électorale promet l’augmentation du salaire minimum à 15 $ dans un premier mandat.

 Dans cette même catégorie, la Coalition avenir Québec (CAQ) a reçu le prix de consolation « mieux vaut tard que jamais », étant donné qu’elle a pris le même engagement mais en promettant de le réaliser d’ici 2022.

« Un gros Cactus a été remis au Parti libéral du Québec, alors qu’aucun des candidats de la région de l’Estrie n’a pris la peine de répondre au questionnaire, pas plus d’ailleurs qu’au niveau national, alors que le comité provincial avait fait le même exercice auprès des partis directement », soutient Mme Marcoux.

Le comité s’était quand même engagé à remettre un prix de consolation à chacun des partis. « Comme le Parti libéral du Québec ne nous a pas répondu, nous avons fouillé dans leur plateforme et nous avons aussi trouvé des petites choses positives », ajoute Line Marcoux.

Le premier ministre sortant Philippe Couillard s’est aussi mérité personnellement un prix Cactus pour avoir affirmé qu’il était possible de nourrir une famille de quatre personnes avec 75 $ par semaine.