La gemmologue Suzanne Charlebois est une des rares femmes à se rendre directement dans les mines pour travailler avec les propriétaires et les investisseurs.

La passion des pierres

SHERBROOKE — Parcourir les pays pour visiter les mines de pierres précieuses avec, en poche, une petite lentille servant à analyser la roche. Depuis 15 ans, c’est ce que fait Suzanne Charlebois, une Magogoise. Au travers des voyages, la femme d’affaires est propriétaire d’une galerie d’art et a créé une crème pour les mains.

« Mon travail, c’est d’aller dans les mines et de travailler avec les propriétaires. Je suis engagée soit par les propriétaires des mines ou par les investisseurs qui veulent transformer les cristaux. Il y a plusieurs femmes qui pratiquent le métier de gemmologue, mais comme gemmologue de champs, je n’ai jamais rencontré d’autres femmes. Normalement ce sont des hommes », indique celle qui est devenue spécialiste en diamants bruts et qui a étudié à New York.

Le plus important pour Mme Charlebois, qui est également propriétaire d’une galerie d’art de Magog, c’est de travailler avec des personnes qui respectent les humains. « J’ai travaillé beaucoup en Afrique à des places où l’exploitation n’était pas nécessairement éthique. Parfois, pour changer un système, il faut travailler avec lui. On encourage les gens de la région à faire le changement. C’est complexe comme principe. Je suis allée travailler dans des mines où les travailleurs ne sont pas assez bien protégés ou pas assez bien payés. Ce ne sont pas des mineurs traditionnels. Ils ont des conditions différentes et il faut être conscients sans les juger. Souvent, ce sont les patrons qui veulent changer les choses », exprime-t-elle.

Mme Charlebois vend également des bijoux, qu’elle considère comme étant parfaits, puisque chaque étape de la production est réalisée par un expert différent. « J’achète les pierres, je les fais tailler, je les fais monter en bijoux, donc on couvre toute la production de A à Z. Je fais l’évaluation de valeur des bijoux, aussi », ajoute-t-elle.

« J’adore le processus créatif de créer un bijou personnalisé, poursuit-elle. J’aime l’idée que quelqu’un peut tomber en amour avec une pierre, faire monter un bijou spécifique à eux. Je connais le propriétaire de la mine, je connais la personne qui a taillé la pierre et je connais la personne qui a monté le bijou. »

Les bijoux varient entre 50 et 5000 $. Le morceau le plus cher de Mme Charlebois, qui est dans un coffre-fort, est une émeraude rouge venant des montagnes de l’Utah, qui vaut environ 7000 $. Celle-ci a fait une bague pour un client valant environ 60 000 $.

« Je pense avoir plus de 1000 morceaux. J’ai des opales qui viennent de partout autour du monde, de toutes les tailles et toutes les couleurs », estime la femme d’affaires.

« Je travaille de façon internationale, avec des mines au Mexique, aux États-Unis, en Australie, continue-t-elle. On travaille par Skype, par téléphone et par Fedex. Quand on a à faire des voyages, on les fait »

En plus de tout ça, Mme Charlebois vend une crème à main partout aux États-Unis et au Canada. Elle dit travailler environ 30 h par semaine. « Ça a l’air plus gros que ce que c’est! », conclut-elle, le sourire en coin.