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La directrice générale du centre de prévention du suicide JEVI, Tania Boilar, n’a pas nécessairement vu de changement en matière de nombre d’appels en 2020, mais sa clientèle a évolué.
La directrice générale du centre de prévention du suicide JEVI, Tania Boilar, n’a pas nécessairement vu de changement en matière de nombre d’appels en 2020, mais sa clientèle a évolué.

La nouvelle clientèle de JEVI

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
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SHERBROOKE — Le centre de prévention du suicide JEVI Estrie a constaté que sa clientèle avait évolué au rythme de la pandémie en 2020. 

« On n’a pas eu nécessairement plus d’appels depuis le début de l’année. Mais ça vient par vagues. Il y a des pics très intenses de deux ou trois jours et après, ça redescend », explique la directrice générale du centre, Tania Boilar. 

Il est cependant difficile pour elle de trouver une corrélation avec ces pointes. « Au début de la première vague, des gens s’inquiétaient pour des personnes âgées ou des personnes âgées elles-mêmes nous appelaient. Ça n’a jamais été notre plus grande clientèle, mais ç’a été le cas durant quelques semaines. Je n’ai jamais trouvé de concordance avec les annonces », avoue la DG de JEVI. 

C’est plus le discours que le nombre d’appelants qui a changé en 2020. « Il y a beaucoup d’anxiété, de solitude et d’inquiétude par rapport à l’inconnu, énumère-t-elle. Les années passées, c’était souvent des séparations. Nos clientèles usuelles ont continué d’appeler, mais il y a une émergence qu’on n’aurait pas eue sans la pandémie, je crois. » 

Les employés étaient prêts pour faire à face à ce genre de défi. « Pour nous, le suicide demeure quelque chose de multifactoriel. On est habitués de négocier avec différentes causes. Ce qui a été plus difficile pour les intervenants, c’est lorsque les mesures sanitaires sont arrivées. Ça venait jouer sur les filets de sécurité », indique Mme Boilar.

« Par exemple, on ne pouvait plus dire aux gens d’aller voir son cousin ou sa mère », précise-t-elle.

Comment jongle-t-on avec cette nouvelle règle? « On fait preuve de créativité! répond Tania Boilar. Il n’y a pas juste ça, mais la présence de proches est importante. On pouvait dire de se prévoir des rencontres en visioconférence par exemple. »

Temps des fêtes

Et pour l’instant, le passage de l’Estrie en zone rouge n’est pas signe d’une plus grande détresse, même si le temps des fêtes s’est déroulé dans la solitude pour plusieurs. « Le temps des fêtes est rarement très occupé. On sent toujours une baisse dans notre nombre d’appels. Je crois que les gens pensent qu’on est fermés, ce qui n’est pas le cas. Mais les gens qui nous appellent dans cette période ne vont vraiment pas bien. On n’en a pas tant que ça, mais ce sont des appels plus compliqués. Est-ce que ça va se poursuivre en janvier si la zone rouge se prolonge? Quel impact ça aura? On reste à l’affût et on sait où on va », résume la DG de JEVI.