La note de passage gérée «au cas par cas» dans les écoles secondaires

Le fait que des commissions scolaires de la région, mais aussi ailleurs en province, laissent passer des élèves à un niveau supérieur même s'ils n'ont pas eu la note de passage suscite le mécontentement et des questionnements auprès des enseignants.
Ainsi, des élèves qui n'ont pas atteint 60 %, le pourcentage reconnu comme la note de passage, passent tout de même au niveau suivant.
Le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) compte quelque 3500 membres au sein des trois commissions scolaires francophones estriennes, soit de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), des Sommets (CSS) et des Hauts-Cantons (CSHC).
Le président du SEE, Benoit Houle, soutient que les enseignants se retrouvent par exemple au début du secondaire avec un groupe de jeunes qui ne comprennent pas la matière, aux côtés d'autres jeunes qui eux, l'ont assimilée.
« Ce qu'il faudrait, c'est un passage par matière dès la première secondaire ou des groupes de cheminement particulier. »
Qu'en est-il de la situation actuellement? « Ce n'est pas un passage par matière en première secondaire, et ce n'est pas clair en deuxième secondaire. C'est tellement écrit large que ça laisse place à l'interprétation. »
Il n'est pas possible, selon lui, de quantifier ce phénomène, qui ne serait cependant pas nouveau.
« Il y en a beaucoup plus qu'on ne le croit », estime le président du SEE. Il souligne que les enseignants s'interrogent sur « la valeur de la réussite » et note que cela entraîne différentes problématiques en classe. « Même si on le fait monter en troisième, même si on donne des mesures d'appui, l'élève va frapper un mur », estime M. Houle, qui cible plus précisément les CS des Sommets et de la Région-de-Sherbrooke dans la région.
Différents parcours possibles
Isabelle Boucher, directrice du service des ressources éducatives à la CSRS, croit plutôt qu'il s'agit de cas exceptionnels et de « cas par cas ». « La note de passage reste la même, c'est 60 % », précise-t-elle.
« Prenons l'exemple du premier au deuxième cycle au secondaire. Un jeune pourrait être admis, s'il y a une matière où il est en échec, au deuxième cycle avec des mesures de soutien. Il pourrait aussi être dirigé vers un parcours axé sur l'emploi. On pourrait aussi le faire doubler. Ce qui mène à la décision, c'est toujours l'analyse du jeune, les données qui sont recueillies... Si un jeune est en échec dans une matière et s'il l'est dans plusieurs matières, on n'analysera pas la situation de la même façon », énumère-t-elle.
« Quand on fait passer un jeune, c'est qu'on sait qu'il se dirige vers une réussite. On n'a aucun intérêt à faire réussir un jeune si on sait qu'il va échouer et qu'il n'obtiendra pas son diplôme. En fin de compte, les épreuves du Ministère vont toujours être là. »