De Lourdes Dion-Marcoux a peint des tableaux jusqu’à l’annonce de son diagnostic d’Alzheimer en 2008.

La musique en cadeau à Argyll

« La musique, ça rend heureux. La mémoire de la musique, c’est ce qui part en dernier… Je ne suis pas une spécialiste, mais ma mère a chanté et retrouvé des paroles de chansons jusqu’à des stades avancés de sa maladie. » C’est ce que partage Brigitte Marcoux, qui assure avec sa famille la tenue d’activités de musique au pavillon Argyll du CIUSSS de l’Estrie-CHUS depuis plus de deux ans.

« Ma mère a été en ressources intermédiaires. Après ça, sa santé cognitive s’est détériorée alors elle est entrée à Argyll. Une de ses bonnes amies, sœur Edna, est une pianiste et est bien connue de cette clientèle-là. Elle nous a dit “je vais aller jouer de la musique pour De Lourdes”. Le piano était dans la salle commune, finalement quand elle venait jouer pour elle, les bénéficiaires et les résidents venaient aussi et ils étaient une trentaine… »

En hommage à leur mère De Lourdes Dion-Marcoux, qui les a quittées il y a un an le 20 novembre dernier, Brigitte et ses deux sœurs ont organisé une exposition et vente d’œuvres d’art à la grande salle du pavillon Argyll dimanche et lundi. Tous les profits seront remis à la Fondation Vitae, pour qu’elle puisse assurer la pérennité de l’activité de musique pour les résidents.

Les œuvres, toutes peintes par Mme Dion-Marcoux, sont vendues à un prix modique.

« On s’était dit qu’à un moment donné, on allait faire quelque chose avec ça. C’est une collection infinie. C’est une façon pour nous de rappeler sa mémoire. C’est notre façon de nous impliquer », explique Mme Marcoux.

À Argyll, plusieurs autres musiciens se sont rapidement joints à sœur Edna au piano pour offrir un heureux moment aux résidents, mais aussi à leurs proches et aux membres du personnel. L’activité de musique est vite devenue un moment rassembleur pour les familles.

« Ils disent que quand les gens ont des pertes cognitives, qu’ils ont un diagnostic d’Alzheimer, quand ils vivent des moments heureux comme ça, c’est une émotion qui perdure. Ça garde un bien-être », insiste Mme Marcoux.

Plusieurs compressions budgétaires au niveau des loisirs ont touché les centres d’hébergement comme Argyll dans les dernières années. Les sœurs Marcoux trouvent la situation inacceptable, sachant le bien que seulement une séance de musique pouvait apporter à leur mère.

« C’est tellement important. On dirait que ça éveille les sens… Ces gens-là, c’est tout ce qu’il leur reste. La musique, peu importe le stade de maladie que tu es rendue, ça a des bénéfices, c’est prouvé. On le voyait, c’est un changement instantané dans les traits de leur visage et dans leur humeur. Les gens qui travaillaient sur place nous le disaient, c’est vraiment un moment de bonheur que ça leur procurait et on veut que ça continue »

L’exposition et la vente de tableaux se poursuivent ce lundi, entre 11 h et 16 h.