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Les adeptes des théories du complot ont été très bruyants en 2020.
Les adeptes des théories du complot ont été très bruyants en 2020.

La montée rapide du complotisme

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
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Auparavant endossées par une ou deux personnes de son entourage, les théories du complot se sont propagées à une vitesse folle en 2020 en raison de la pandémie. Selon les sondages menés durant l’année, ce serait environ un Canadien sur quatre qui adhère à ces thèses.

La grande particularité du complotisme version 2020 a été la vitesse d’adhésion qui s’est multipliée en raison du confinement et de l’accès aux réseaux sociaux selon la professeure Marie-Ève Carignan, l’une des chercheuses à la tête de l’étude sur les impacts psychosociaux de la pandémie.

« Beaucoup de gens étaient confinés et étaient très présents sur les réseaux sociaux, souligne-t-elle. Ils ont été exposés rapidement à la vision complotiste. Des thèses qui dans d’autres cas comme le SIDA avaient pris des années à s’installer n’ont eu besoin que de quelques semaines pour la COVID. »

Marie-Ève Carignan.

Il est toutefois faux de croire que le nombre d’adeptes du complotisme a augmenté avec la pandémie selon la professeure.

« On a très peu de données avant la pandémie, mais les quelques rares sondages qui existent font voir qu’il n’y a pas nécessairement plus de gens qui adhèrent aux théories complotistes, mentionne-t-elle. Beaucoup de sondages disent qu’un Canadien sur quatre environ, ça varie entre 17 % et 25 %, adhère à des thèses complotistes sur la COVID. Quand on regarde les thèses complotistes sur le 11 septembre ou sur la vaccination, on est dans le même pourcentage de la population. Il n’y a pas eu nécessairement plus d’adhésion, mais ils ont été très bruyants. »

Au-delà des commentaires et des prises de parole, les complotistes peuvent avoir un effet réel sur les efforts de la Santé publique.

« Ceux qui ont davantage tendance à croire au complotisme trouvent les mesures exagérées et sont moins enclins à les appliquer, résume la professeure Carignan. Ça ne veut pas dire que tous les complotistes ne les appliquent pas, mais parmi cette tranche-là, les gens sont plus hésitants, réfractaires ou vont carrément refuser le vaccin. Il y a certaines personnes qui peuvent avoir une vision plus violente des choses et ça peut être inquiétant. »