Lors de son passage en République démocratique du Congo, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a pu fraterniser avec les différentes communautés.

La ministre Bibeau vit des émotions partagées durant son séjour en Afrique

En visite en République démocratique du Congo et au Ghana, la ministre Marie-Claude Bibeau a vécu des émotions partagées. D'une part, elle a été confrontée aux conditions de vie difficiles de ces pays, mais elle a aussi pu constater que l'aide canadienne permet de faire une véritable différence. Elle a ainsi annoncé l'octroi de deux aides financières majeures dans le cadre du renouvellement de l'engagement du Canada envers l'Afrique.
Marie-Claude Bibeau a quitté le Québec dimanche dernier pour rejoindre la République démocratique du Congo (RDC) pendant trois jours. Elle y a annoncé un financement de 97 millions de dollars visant à améliorer la protection des enfants, à promouvoir une croissance au service de tous et à fournir une aide humanitaire essentielle.
Lors de son passage, la ministre du Développement international et de la Francophonie, a visité le One Stop Center, un organisme soutenu financièrement par le Canada qui vient en aide aux victimes d'agressions sexuelles.
Les survivants ont alors accès à des soins médicaux et psychosociaux en plus de bénéficier d'une aide juridique. « On aide ces personnes à se reconstruire. On les aide à avoir de nouvelles compétences, à rebâtir leur vie et à avoir un revenu », souligne Mme Bibeau.
En RDC, elle a également croisé le Théâtre des Petites Lanternes qui travaillait sur le projet de la Grande Cueillette des mots qui vise à aider la communauté à parler des traumatismes vécus. L'expérience avait déjà était faite en Haïti et à Lac-Mégantic.
Au Ghana, qu'elle quittera dimanche, elle a annoncé une contribution de 145 millions de dollars qui permettront entre autres de moderniser l'agriculture et d'offrir à plus de 18 000 petites et moyennes entreprises, dont la moitié sont détenues par des femmes, une aide comprenant de la formation et des prêts pour leur permettre de prendre de l'expansion.
Mme Bibeau était accompagnée des athlètes ambassadrices de l'organisme Right To Play, Kaylyn Kyle, médaillée de bronze olympique de l'équipe canadienne de soccer, et Joannie Rochette, médaillée de bronze olympique en patinage artistique et six fois championne nationale du Canada. Right To Play Canada utilise le pouvoir de transformation du jeu dans le but d'améliorer les résultats en éducation pour les enfants.
« J'ai assisté à un cours de mathématiques du programme et c'est une pédagogie où ils apprennent aux enseignants à être dynamiques pour garder l'attention des jeunes et les stimuler à venir à l'école », mentionne la ministre. « Il y a aussi une attention qui est portée aux filles pour qu'elles persévèrent, pour qu'elles n'arrêtent pas l'école quand elles ont leurs premières règles. »
L'organisme travaille aussi à briser les tabous tels que les mariages d'enfants et l'excision.
« Les dollars canadiens qu'on investit ici changent la vie des gens », fait valoir la ministre en soulignant l'immense reconnaissance des communautés aidées.
« À chaque occasion que j'ai, je plaide pour Raif Badawi »
Même en Afrique, Marie-Claude Bibeau a eu écho des propos de l'ambassadeur l'Arabie saoudite qui somme le Canada de ne plus se mêler du dossier de Raïf Badawi. Mais ce n'est pas ce qui va l'arrêter de plaider en faveur du blogueur.
Comme une majorité de gens, la ministre trouve le discours redondant.
« Je ne suis pas surprise parce que l'ambassadeur de l'Arabie saoudite, je l'ai rencontré régulièrement et chaque fois, j'ai plaidé pour la clémence à Raïf Badawi et chaque fois, il m'a demandé si c'était la dernière fois que je lui en parlais et systématiquement je lui disais que non », affirme Mme Bibeau.
Si elle comprend la demande du gouvernement saoudien, elle pense toutefois que c'est le devoir du Canada de combattre l'injustice de l'emprisonnement de Raïf Badawi. « On comprend que c'est un Saoudien en Arabie saoudite avec des lois saoudiennes, mais pour nous c'est une question de droits de la personne et on va continuer de plaider en ce sens », souligne-t-elle.
« On ne les oublie pas. Et à chaque occasion que j'ai, je plaide pour Raif », souhaitait rappeler la ministre Bibeau à Ensaf Haidar, la femme du blogueur, et à ses enfants.