Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Isabelle Boisvenu en octobre 2004 lors du prononcé du verdict de culpabilité d'Hugo Bernier, le meurtrier de sa sœur Julie.
Isabelle Boisvenu en octobre 2004 lors du prononcé du verdict de culpabilité d'Hugo Bernier, le meurtrier de sa sœur Julie.

La mémoire d’Isabelle Boisvenu demeure vivante

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Quinze ans après son tragique décès, le nom de la Sherbrookoise Isabelle Boisvenu demeure associé à un fonds consacré à la recherche en victimologie pour les étudiants de l’Université de Montréal.

La jeune femme de 26 ans est morte tragiquement dans le parc de La Vérendrye le 22 décembre 2005, alors qu’elle se rendait en Abitibi pour Noël avec son conjoint Jean-Michel Beauchesne.

Le décès d’Isabelle Boisvenu est survenu trois ans et demi après celui de sa sœur Julie, assassinée par un criminel récidiviste au centre-ville de Sherbrooke en juin 2002.

Dans une déclaration au Sénat, mardi, son père, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, a tenu à commémorer la mémoire d’Isabelle.

« Une soirée gravée dans ma chair comme on grave un message dans le granite, indélébile à jamais. Quinze années se sont passées depuis, quinze années qui nous font revivre ce malheureux souvenir de ton départ juste avant Noël, mais qui nous rappellent aussi comment ton amour pour la vie était intense. Comment l’attention pour tes amis était de tous les instants et comment ces années passées auprès de la famille ont été un merveilleux héritage que tu nous as laissé », a mentionné Pierre-Hugues Boisvenu au Sénat.


« Ces travaux de recherche permettent d’agir en amont en soutien aux victimes. »
Pierre-Hugues Boisvenu

En entrevue à La Tribune, Pierre-Hugues Boisvenu explique que la mémoire d’Isabelle est perpétuée à travers la bourse remise annuellement. Le sénateur a d’ailleurs rencontré les boursiers de 2019 et 2020, dont les travaux de recherche portent sur la violence conjugale, l’un sur le profil des agresseurs et l’autre sur l’étude de la réinsertion des victimes.

« Ces travaux de recherche permettent d’agir en amont en soutien aux victimes. Les mémoires de ces étudiants vont certainement me servir dans le cadre de mon travail législatif de prévention en violence conjugale », indique M. Boisvenu.

Le sénateur travaille au dépôt d’un projet d’amendement au Code criminel afin d’y intégrer des mesures de protection pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale.

« Juste au Québec, ce sont au moins 20 femmes et enfants qui sont assassinés chaque année dans un contexte de violence conjugale », explique le sénateur Boisvenu.

Pierre-Hugues Boisvenu

Dans le cadre de cette réflexion législative, Pierre-Hugues Boisvenu a rencontré les ministres de la Justice de sept provinces canadiennes, dont le Québec.

Il se réjouit de l’approche de Québec en matière de violence conjugale.

« Il faut aller encore plus loin en intégrant des mesures non seulement pour les hommes reconnus coupables, mais aussi ceux qui sont accusés. L’intervention doit être faite dès la dénonciation, parce que plusieurs crimes surviennent alors que des accusés sont en attente de leur procès. Il faut permettre aux juges d’imposer davantage de thérapies », croit Pierre-Hugues Boisvenu.

Dans son discours au Sénat, Pierre-Hugues Boisvenu a ajouté que la mémoire d’Isabelle continuait de vivre sous une autre forme par le travail des récipiendaires du Fonds Isabelle-Boisvenu, géré par l’Université de Montréal.

« Je suis convaincu que d’où tu es, tu réussis à guider ces étudiants dans leurs recherches qui amélioreront les services et le support dont les victimes d’actes criminels et leurs familles ont tant besoin pour se rebâtir dans la vie après un grand drame », estime le sénateur Boisvenu.