Alexandre-Sacha Simoneau (avant), Marc-Olivier Blier (gauche) et Christina Landry Menard de la maison des jeunes La Maize.
Alexandre-Sacha Simoneau (avant), Marc-Olivier Blier (gauche) et Christina Landry Menard de la maison des jeunes La Maize.

La Maize virtuelle s’avère un succès

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Lancée pour pallier la fermeture des lieux physiques en raison de la pandémie de la COVID-19, la maison des jeunes virtuelle La Maize s’avère un succès qui pourrait durer après le confinement.

La Maize virtuelle mise en ligne sur la plateforme Discord, un logiciel utilisé pour les jeux vidéos, est devenue un lieu où se « rencontrent » les adolescents qui avaient l’habitude de se fréquenter sur le chemin Galvin dans l’ancien hôtel de ville de l’arrondissement de Fleurimont.

« Ce qui est fantastique, c’est que ce sont les jeunes qui nous accueillent dans leur environnement. Nous avons privilégié un logiciel qui supporte la voix notamment parce que c’est moins lourd pour les connexions Internet. Les jeunes y sont aussi plus à l’aise parce que c’est une plateforme qu’ils utilisent déjà avec les jeux vidéos. Ils accueillent les animateurs dans leur monde », explique le coordonnateur de la Maize, Alexandre-Sacha Simoneau.

Un adolescent, qui visite régulièrement la maison des jeunes, a contribué avec l’équipe de la Maize à améliorer la plateforme. Les adolescents utilisateurs doivent passer par la page Facebook de la Maize afin d’obtenir l’autorisation des animateurs pour y accéder. 

« C’est réservé aux membres de façon à garder le même lien de confiance avec eux. Nous avons reproduit les lieux physiques de façon virtuelle avec le même code de vie. L’aspect ludique d’une maison des jeunes sert de prétexte pour entrer en communication avec eux afin de discuter de ce qu’ils vivent. Les animateurs peuvent aller à leur rencontre comme ils le font dans nos locaux à la salle d’étude, dans le salon, à la table de pool ou de ping-pong. Ce qui est fascinant, c’est que les jeunes se retrouvent aux mêmes endroits virtuellement et y agissent de la même façon que dans les locaux physiques », remarque Alexandre-Sacha Simoneau.

L’équipe de la Maize a aussi constaté une ouverture plus grande de certains jeunes étant donné qu’ils se trouvent devant leur ordinateur, dans un environnement qu’ils connaissent.

L’ouverture de la Maison des jeunes est rapidement passée d’un à quatre puis à cinq soirs par semaine de 18 h à 21 h. Les animateurs ont pu conserver leur emploi. Les stages ont même été maintenus, mais adaptés à cette réalité virtuelle. 

« La fréquentation est aussi semblable. Des soirs, nous pouvons avoir un ou deux jeunes qui viennent nous contacter, alors que d’autres jours, ce sont 18 ou 20 jeunes que l’on accueille. Certains viennent nous parler quelques minutes puis repartent, alors que d’autres passent la soirée avec nous », indique Alexandre-Sacha Simoneau qui souligne l’ouverture du conseil d’administration de la maison des jeunes de Fleurimont qui a invité l’équipe à innover pour maintenir les activités et le contact avec les adolescents.

Si cette idée de maison des jeunes 2,0 a pris son envol avec les consignes de confinement social imposé à la mi-mars, Alexandre-Sacha Simoneau mentionne avoir élaboré ce concept il y a une dizaine d’années. Il a adapté le projet avec Christina Landry-Ménard dans un contexte où cette idée s’imposait avec la pandémie mondiale de la COVID-19.

« En refermant nos écrans après le premier soir de maison des jeunes virtuelle, tous les animateurs ont fait le constat que l’on touchait à quelque chose de très intéressant. La façon de travailler est différente, mais nous réussissons à établir une communication dans leur univers », indique Alexandre-Sacha Simoneau.

L’idée a été partagée, reprise puis adaptée dans diverses maisons des jeunes à travers le Québec. Le coordonnateur de la Maize indique avoir établi des contacts avec d’autres maisons des jeunes non seulement à Sherbrooke, mais aussi à l’Assomption, au Témiscamingue et à Montréal.

« C’est certain que nous analysons la possibilité de conserver la maison des jeunes virtuelle après cette crise », soutient le coordonnateur de la Maize de Fleurimont.