La Maison Marquette devra fermer ses portes

Mise sous séquestre le 6 novembre dernier, la Maison Marquette devra fermer ses portes à la fin du mois, forçant ses 50 chambreurs, une clientèle présentant des problèmes de santé mentale, à se trouver un nouveau toit.
La décision aurait été prise par le syndic le 12 février et a été communiquée au directeur Sébastien Méthot le 24 février. M. Méthot l'a annoncée à ses locataires lundi, lui qui s'est donné quelques jours pour trouver une autre issue.
On savait depuis plusieurs mois que les édifices situés aux 222 et 224 de la rue Marquette et aux 111-139 de la rue Cathédrale avaient besoin de réparations majeures pour assurer la sécurité des résidents et l'intégrité des bâtiments. Un rapport d'architectes, notamment, a été déposé devant le tribunal le 16 décembre et faisait état de travaux évalués à 200 750 $.
« Il y avait des travaux d'envergure à faire, convient M. Méthot, mais j'ai toujours eu espoir que le propriétaire par intérim se responsabilise et fasse le nécessaire. »
La Maison Marquette avait aussi été mise en demeure par la Ville de Sherbrooke en octobre 2013 d'enrayer un problème d'infestation de punaises de lit, rapporte-t-il. Une entreprise d'extermination a été engagée par M. Méthot, un plan de gestion parasitaire a été fourni, « mais force est d'admettre que nous n'avons pas réussi à satisfaire les exigences », dit celui qui louait les lieux pour offrir ce service de chambre et pension et qui se retrouvera sans travail à la fin du mois.
La Maison Marquette existe depuis 25 ans. Elle peut accueillir jusqu'à 71 chambreurs. Elle était la propriété de Gaétan Corriveau jusqu'à sa mise sous séquestre par la firme PricewaterhouseCoopers. Neuf autres immeubles de M. Corriveau, incluant les résidences Cathédrale et Saint-François, ont été saisis au même moment.
Même si les gens y logent de gré à gré, la Maison Marquette a une certaine importance dans le réseau de la santé et des services sociaux, défend M. Méthot. La résidence emploie sept personnes et est en fonction 24 heures par jour, 7 jours par semaine, dit-il, offrant de l'encadrement, en plus des repas, notamment la supervision de la médication de plusieurs pensionnaires.
« J'ai un bon nombre de gens qui y habitent depuis plus de 15 ans. Le potentiel d'itinérance est grand pour cette clientèle », prévient-il.
« Pour la plupart des pensionnaires, c'est une catastrophe, ajoute Sébastien Méthot. Ce sont des gens qui n'ont manqué de rien sur les besoins de base et beaucoup voulaient finir leurs jours ici. Ç'a été un choc pour eux. Ils n'ont rien pour se réinstaller et plusieurs vont quitter avec un sac à dos pour seul bagage.»