Le père Noël a fait bien des heureux samedi à l'école du Phare : 200 enfants nouvellement arrivés à Sherbrooke avec leur famille ont vécu leur premier Noël québécois et ont reçu un cadeau personnalisé préparé par le Service d'aide aux Néo-Canadiens.

La magie d'un premier Noël

Ce sont les yeux grand ouverts et scintillants de bonheur que quelque 200 enfants nouvellement débarqués à Sherbrooke ont aperçu pour la première fois le père Noël québécois samedi à l'école internationale du Phare.
Alors qu'ils avaient reçu la consigne de demeurer en file lorsque le personnage bedonnant se présenterait sur la scène installée entre les murs de l'école secondaire, les petits n'ont fait qu'à leur tête et se sont jetés sur le père Noël à la seconde où celui-ci s'est pointé le bout de la barbe blanche vers 15 h
« C'était la folie, ils voulaient tous le toucher ! On peut dire qu'il y avait vraiment une espèce de magie ! » mentionnait en souriant Mercedes Orellana, directrice générale du Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC).
Encore une fois cette année, le Service d'aide aux Néo-Canadiens recevait samedi à l'école du Phare les immigrants arrivés depuis janvier dernier pour leur faire vivre un premier Noël digne de chez nous. C'est donc plus de 400 adultes et enfants originaires d'Afghanistan, du Cameroun, de la Colombie, du Congo, d'Haïti, d'Irak, des pays du Maghreb, de la République centrafricaine et de la Syrie qui étaient réunis pour « swinger la bacaisse dans le fond de la boîte à bois ».
« On leur propose des éléments qu'on vit ici au Québec pendant le temps des Fêtes, comme la présence du père Noël qui donne des cadeaux aux enfants, de la musique traditionnelle et de la danse, un repas tous ensemble et beaucoup d'échange et de discussions », expliquait Mercedes Orellana.
En effet, un cadeau personnalisé attendait chacun des enfants à se présenter ce jour-là. « Comme c'est nous qui avons accueilli tous ces gens-là, on sait combien il y a d'enfants, quel âge ils ont et si ce sont des filles ou des garçons, alors on avait préparé un présent pour chacun. Ce n'est rien de cher ou d'extravagant, mais c'est surtout symbolique », soulignait Mme Orellana.
La fête de Noël étant aussi synonyme de froid hivernal, des tuques, des mitaines et des foulards tricotés par le Cercle des fermières et les Petits Frères de Sherbrooke étaient également distribués aux familles.
Un prétexte pour se rassembler
Même s'il s'agit à l'origine d'une célébration chrétienne, Noël servait plutôt de prétexte, ce week-end, pour réunir tous les Sherbrookois sous un même toit, peu importe leur origine ou leur religion.
« Nous, on ne donne pas de connotation religieuse à la fête de Noël, et on l'explique aux gens quand on les invite, notait Mercedes Orellana. C'est vraiment plus un rassemblement, une tradition québécoise. On leur dit : comme c'est une fête lors de laquelle les gens passent du temps avec leur famille et leurs amis et que vous n'avez pas beaucoup d'amis parce que vous venez d'arriver, vous pouvez quand même avoir un moment de bonheur avec nous ! On voit dans le visage des enfants, et même des adultes, qu'ils sont contents parce qu'ils ont reçu un petit cadeau symbolique et parce qu'ils passent du bon temps ensemble. »
C'était le cas de Floribert Bakasha, un jeune homme venu de la République démocratique du Congo, qui dégustait un morceau de tourtière en compagnie de sa petite soeur, son grand frère ainsi que les trois enfants de celui-ci.
« Les enfants de mon frère, ils ont deux, cinq et huit ans. Ils étaient trop heureux d'avoir des jouets ! Ça fait très plaisir ! Ça fait du bien de partager des choses en famille », se réjouissait-il.
Et l'hiver, c'est comment ? « Horrible ! » lance-t-il sans hésiter. « On a de la misère à sortir à l'extérieur ! » Comme quoi Noël n'a pas que des bons côtés...