Des drapeaux arc-en-ciel flottent au vent de plusieurs villes du Québec. C'est le cas notamment à Sherbrooke (notre photo) et à Drummondville. À Victoriaville, on a mis les drapeaux en berne.

« La lutte est loin d'être terminée » - Dominique Dubuc

Une onde de choc a traversé Dominique Dubuc, militante très active contre l'homophobie et la transphobie, lorsqu'elle a enfin réalisé l'ampleur du drame survenu à Orlando. « Ça prouve que la lutte est loin d'être terminée », raconte-t-elle.
<p>Dominique Dubuc, professeure au Cégep de Sherbrooke.</p>
Des drapeaux arc-en-ciel flottent au vent de plusieurs villes du Québec. C'est le cas notamment à Sherbrooke et à Drummondville. À Victoriaville, on a mis les drapeaux en berne. La population est toujours ébranlée par le drame survenu dans la nuit de samedi à dimanche à Orlando, en Floride.
« Avec l'homophobie et la transphobie dans laquelle nous vivons quotidiennement, je suis étonnée qu'un drame du genre ne se soit pas produit avant. C'est désolant, mais pas surprenant », mentionne la militante, qui siège à la Table nationale de lutte contre l'homophobie et de transphobie des réseaux de l'éducation.
Ces événements, présentés comme la pire fusillade des États-Unis, ont fait ressortir une solidarité entre les homosexuels, mais aussi dans la population. « On ne peut pas se cacher, on ne doit pas retourner dans le placard. Nous sommes chanceux, au Québec, parce qu'on peut vivre quand même librement », souligne Mme Dubuc.
Aux États-Unis, la situation est beaucoup plus fragile qu'au Québec et au Canada. Là-bas, on peut se marier avec une personne du même sexe dans quelques endroits, mais un employeur peut faire de la discrimination selon l'orientation sexuelle. « Le matin, tu peux te marier à ton amoureuse, ton amoureux, et l'après-midi, tu peux te faire mettre dehors parce que ton patron est homophobe », explique Dominique Dubuc, choquée.
« Certaines personnes ont besoin de ces bars homosexuels pour pouvoir être elles-mêmes. Ce n'est pas normal qu'une personne se sente mal d'être qui elle est. »
Elle souligne également que l'État islamique (ÉI) a toujours détesté les LGBT. « En fait, ils détestent tout ce qui n'est pas ''eux''. » Mme Dubuc croit tout de même que la vague islamophobique ne doit pas se répandre pour autant. La propagation pourrait devenir très dangereuse, selon elle. « Ce n'est pas la faute de tous les musulmans si ce drame s'est produit. Plus nous détesterons l'ÉI, plus ses membres seront stimulés à recommencer. »
Une vigile se tiendra au centre-ville de Sherbrooke jeudi à 19 h, en même temps que la vigile organisée à Montréal par Fierté Montréal. Les forces policières seront sur place pour assurer la sécurité des participants. Le lieu reste à confirmer­.