L'autonomie alimentaire en rafale

La Tribune

Règlements et jardins collectifs

À Sherbrooke, il est permis de posséder des poules pondeuses sur son terrain depuis 2018. Le règlement stipule toutefois qu’il faut posséder au minimum deux et au maximum cinq poules pondeuses. Les coqs sont interdits. Un seul poulailler est accepté sur chaque terrain. Il est nécessaire de s’inscrire au registre de la Ville avant de se procurer des poules, sans quoi une contravention de 100 $ pourrait être délivrée. 

Ceux qui n’ont pas l’espace nécessaire à la maison pour cultiver un jardin peuvent louer une parcelle de terre dans un jardin communautaire ou se tourner vers les jardins collectifs. À Sherbrooke, des jardins communautaires sont situés sur la rue Thibault, la rue Beckett et au coin des rues Saint-François et Lévesque. Un jardin collectif est situé sur la rue du Pacifique. 

Victoriaville a mis sur pied le Jardin des rendez-vous, où des bénévoles entretiennent le jardin sous la supervision de la Ville. Tous les citoyens sont invités à y cueillir des fruits et des légumes frais. Le projet s’inscrit dans le mouvement des Incroyables Comestibles.

La Ville de Drummondville a opté en 2019 pour la plantation d’un verger urbain dans le quartier du Vigneron pour densifier son couvert forestier et permettre à la population de cueillir des fruits frais. Des aménagements de fleurs annuelles et de jardinières sont aussi ornés de tomates, de choux, de fraises, de basilic et autres fines herbes, de fruits et de légumes. Les surplus sont offerts à des organismes de charité. Jonathan Custeau

À LIRE AUSSI : Plusieurs embûches à l’horizon
Une relève tournée vers la souveraineté alimentaire
Le paradigme pourrait changer rapidement
Les produits locaux ont la cote

L’agriculture bio séduit les jeunes

Depuis 2018, le Cégep de Victoriaville offre un diplôme d’études collégiales en Gestion et technologies d’entreprise agricole. Le programme qui se décline en quatre profils — dont production fruitière biologique et agriculture urbaine qui sont uniques au Canada — gagne en popularité depuis sa naissance. La première année, 68 personnes étaient inscrites à l’un ou l’autre de ces profils. Ils sont maintenant 124 sur les bancs de l’école. L’Institut national d’agriculture biologique (INAB) du Cégep de Victoriaville regroupe les activités d’enseignement, de recherche, de transfert technologique et d’incubation en agriculture. Il constitue le plus grand centre de formation et de recherche en agriculture biologique au Canada. L’INAB en chiffres c’est : une terre de 55 hectares certifiée biologique; des bâtiments ultramodernes; des serres de 1350 mètres carrés certifiées biologiques et un parc d’équipements dernier cri d’une valeur de près de 3 millions $. Chloé Cotnoir

Une industrie de près de 9 G$

Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), le secteur de la production agricole québécoise regroupe environ 28 000 exploitations. Il est surtout orienté vers l’élevage, qui génère 61 % de la valeur des recettes agricoles issues du marché. En 2018, les producteurs agricoles québécois ont perçu des recettes totales de près de 8,9 G$. 

Le secteur laitier, qui est la principale production animale au Québec, a de son côté rapporté 2,4 G$.Le secteur porcin, la deuxième production animale en importance, a affiché des recettes de 1,2 G$ en 2018. Toujours selon le MAPAQ, l’industrie bioalimentaire représentait 12% des emplois au Québec en 2018, avec un total de 518 672 travailleurs. Chloé Cotnoir


Une ferme vaut en moyenne 2,8 M$ au Québec

La valeur moyenne des fermes au Québec s’est accrue de plus de 50 % depuis le début de la décennie, pour atteindre près de 3 M$ au 31 décembre 2017, selon une enquête de Statistiques Canada. C’est néanmoins au Québec que la valeur moyenne des fermes demeure la moins élevée à l’échelle canadienne, exception faite des provinces de l’Atlantique. En particulier dans des productions animales comme le lait et l’élevage de porcs, la valeur moyenne des fermes dans le reste du pays est le double de ce qu’elle est au Québec. Chloé Cotnoir

Achat local ou souveraineté alimentaire?

Qu’y a-t-il de plus bénéfique pour le Québec? Encourager ses producteurs, ou de se nourrir exclusivement de produits cultivés à proximité? Avec les différentes stratégies qu’emploient des producteurs pour s’assurer une place en épicerie, certaines nuances doivent être prises en considération, avance Philippe Pagé, directeur général de la Fédération de la relève agricole du Québec. « Certaines grandes marques québécoises vont par exemple fournir les épiceries avec leurs propres produits en saison, par exemple des brocolis. En hiver, elles vont plutôt faire pousser les brocolis ailleurs pour continuer de vendre sous leur bannière. Quand moi je l’achète à l’épicerie, je sais que les profits de l’entreprise restent quand même au Québec. Tout n’est pas noir ou blanc. Il y aura une grande partie de sensibilisation à faire. Au final, le choix appartient au consommateur quand il est à l’épicerie. L’expérience nous prouve que quand les consommateurs décident de quelque chose, la chaîne suit. » Jasmine Rondeau