La femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, ne veut pas contacter son beau-père. Son pardon pourrait sortir M. Badawi de prison.

La libération de Badawi pourrait passer par son père

La libération de Raif Badawi, emprisonné en Arabie saoudite, pourrait passer par son géniteur. Selon la femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, il s’agit de quelque chose d’insensé.

« C’est le père de Raif qui est malade et qui est criminel, indique celle qui attend son mari depuis plusieurs années. Ce n’est pas une personne normale. Tout le monde le sait. Je ne trouve pas ça normal », dénonce-t-elle.

« Le père de Raif n’est pas le roi. Il est une personne malade. Je n’ai pas besoin de lui », martèle-t-elle.

« Le gouvernement du Canada m’a appelée hier, poursuit-elle. Mme Bibeau a contacté l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite. Il faudrait que j’écrive une lettre au père de Raif afin qu’il le pardonne. Moi, je n’accepte pas cela. Je ne sais pas comment le gouvernement l’accepte et en parle. »

Mme Heidar a tenté de rejoindre le prince Mohammed ben Salmane, en vain. « J’ai écrit un message au prince, mais je n’ai pas reçu de réponse », confirme-t-elle.

Ensaf Heidar a communiqué avec son mari la semaine dernière. « Je lui ai parlé jeudi dernier. Il ne va pas bien. Ce n’est pas facile pour lui. Il veut voir ses enfants. Tous les Noëls, je dis que Raif va être avec nous, mais rien n’a bougé », s’attriste-t-elle.

Par contre, l’espoir est encore présent dans le cœur de la mère de famille. « On vit avec l’espoir. Je n’ai pas beaucoup de nouvelles. On ne sait pas si tout ça est vrai ou s’ils disent cela pour calmer les gens. »

Interrogé par la CBC, le député Omar Alghabra croit qu’Ensaf Haidar devrait tenter de communiquer avec son beau-père. « C’est une idée que nous avons proposée après avoir reçu un conseil. Peut-être qu’elle pourrait demander au père de M. Badawi d’exprimer ses regrets concernant les impacts que tout ça a sur sa famille et pour lui demander de laisser tomber la cause civile », a-t-il indiqué.

M. Alghabra comprend toutefois ses frustrations. « Je comprends les frustrations de Mme Haidar et n’importe qui serait frustrée aussi, mais dans ce cas, nous ne devons pas laisser tomber les opportunités qui s’offrent. On ne peut pas mettre de côté des idées qu’on nous donne pour faire libérer M. Badawi », a-t-il poursuivi dans l’entrevue livrée à la société d’État.