Les membres du Syndicat des professeurs et professeurs de l'UdeS (SPPUS) étaient visibles aux abords du campus, sur le boulevard de l'Université, et sur le chemin Sainte-Catherine.

La grève des profs prolongée à l'UdeS

Les professeurs de l'Université de Sherbrooke prolongent la grève ce vendredi. À la suite d'une rencontre infructueuse avec la direction de l'UdeS en fin de journée jeudi, le Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS) a décidé d'exercer une quatrième journée de débrayage vendredi.
Le SPPUS a fait savoir à ses professeurs qu'il leur émettrait plus d'informations en vue de la journée des portes ouvertes à l'UdeS ce samedi.
Les professeurs en grève se sont fait entendre, jeudi matin, aux abords de la colline universitaire.
Le SPPUS n'avait pas fait de grève depuis 1992, selon Mario Fortin, trésorier au SPPUS. « La seule grève que le SPPUS a fait, ça a duré cinq jours, c'était en 1992. Le syndicat n'a pas un historique de grève... »
« On est en grève parce qu'on se souvient de ce qui est arrivé en 2007. En 2007, en juin l'UdeS nous a menacés de lock-out. C'était le même contexte : ça faisait deux ans qu'on négociait, on n'avait pas de convention collective. L'élément important qu'on a considéré, c'est de ne pas attendre le moment où dans un nouveau mandat, quelqu'un va vouloir montrer qu'on prend une ligne dure avec toutes les demandes, parce qu'il y a plusieurs conventions qui sont en renouvellement à l'UdeS. »
La grève survient alors que l'UdeS doit faire connaître, lundi, les candidatures qui ont été retenues pour la course au rectorat. Des contacts ont déjà eu lieu ou vont avoir lieu entre le SPPUS et certains candidats. La personne qui succédera à la rectrice Luce Samoisette entrera en fonction le 1er juin prochain.
L'UdeS a avancé plus tôt cette semaine que les demandes des professeurs pouvaient osciller autour de 10 ou 12 M$.
« Ce qui me frappe, à côté de ça, dans la même journée, l'UdeS annonce qu'elle va investir au centre-ville dans le projet Well Inc et se démarquer par un volet de partenariat d'affaires. Moi, ce n'est pas l'image de l'Université qui correspond à ma vision, cette image de l'université qui met de l'avant des volets qui sont exclusivement liés à des domaines économiques. Je travaille dans le domaine de l'éducation et on ne se retrouve pas dans cette image. C'est surprenant de voir qu'une journée on dit qu'on a des moyens pour développer des projets comme celui-là, et qu'on n'a pas de moyen pour soutenir ce qui est notre tâche essentielle », commente Olivier Dezutter, professeur à l'UdeS.
« Depuis plus de deux ans, on a dû revoir tous les ratios de cours (...) On peut maintenant travailler avec des groupes de 40-50 étudiants, alors que par le passé, on pouvait avoir des groupes d'une trentaine. »
L'UdeS annonçait cette semaine que cinq employés sont maintenant installés sur Wellington Sud dans le cadre du projet Well Inc. Sans chiffrer précisément la dépense, le vice-recteur à la recherche, à l'innovation et à l'entrepreneuriat Jacques Beauvais a indiqué qu'elle était faible puisqu'il s'agit « essentiellement d'un loyer pour un espace pouvant accueillir jusqu'à cinq personnes. »
La présidente du SPPUS, Dominique Lorrain, fait valoir que les échelons salariaux du SPPUS sont gelés depuis 2014 et que l'UdeS n'en a encore rien déposé en termes d'offres salariales.
Le professeur Alexandre Maréchal estime que l'institution envoie un message étrange aux professeures et chercheuses, encore très peu nombreuses dans certains départements. L'UdeS veut réduire de 7 % le traitement des membres du SPPUS en congé de maternité et diminuer de cinq semaines le congé de maternité.
« Je suis en sciences de la nature et la représentativité des femmes est très faible au niveau du corps professoral. Une des raisons, c'est qu'elles font un choix entre avoir une carrière et avoir des enfants. En coupant le financement du congé de maternité, l'université envoie un message un peu négatif aux femmes qui seraient intéressées à se joindre au corps professoral et à faire de la recherche », estime M. Maréchal.
La convention collective des quelque 428 membres est échue depuis mars 2015.
Les membres du SPPUS ont voté pour un mandat de grève de 12 jours à la fin janvier, dont les trois premiers ont été exercés cette semaine.