Brigitte Badeau et son fils Patrick ont reçu avec plaisir les livreurs des Paniers de l'espoir. Le duo se préparait à gâter un peu la grand-maman du garçon grâce à cette abondance de nourriture.

La grande fête de la générosité

Patrick, 12 ans, a eu droit à un congé d'école vendredi. Si la version officielle dit que c'était pour aider sa mère à faire le ménage, la vraie raison a sauté aux yeux quand les bénévoles de la Fondation Rock-Guertin ont cogné à leur porte, en milieu d'avant-midi, les bras chargés de nourriture.
« Il voulait vivre ''ça'' », confie sa mère Brigitte Badeau avec un sourire ému, pendant que le garçon zieutait avec émerveillement les boîtes qui s'empilaient dans leur petit appartement.
Pour avoir reçu des Paniers de l'espoir à quelques reprises ces dernières années, Mme Badeau savait le soulagement et la joie qui accompagnent cet instant. Elle était heureuse, vendredi, de partager ça avec son grand garçon.
« Je lui ai dit qu'il faut qu'on reste à la maison toute la journée parce qu'on ne sait jamais à quelle heure ils vont passer! »
La scène s'est répétée dans 2190 foyers du grand Sherbrooke vendredi.
2190 Paniers de l'espoir donnés à 2190 familles dans le besoin qui passeront un Noël un peu plus festif grâce à la générosité des Sherbrookois, encouragée par la Fondation Rock-Guertin.
Brigitte Badeau et son fils avaient prévu partager cette manne dès vendredi avec la grand-maman du garçon qui vit en CHSLD dans leur voisinage. Sitôt les livreurs partis, ils se sont mis au ménage pour vrai ainsi qu'à la cuisine : « On va gâter ma mère! » se promettait Mme Badeau.
À quelques portes de là, même sentiment de reconnaissance : Ghanar Ahmadi n'en finissait plus de remercier les livreurs et de leur souhaiter un joyeux Noël!
La grand-maman, originaire d'Afghanistan et installée à Sherbrooke depuis sept ans, recevait enfin le panier espéré après trois tentatives vaines.
« C'est mon petit-fils qui m'a dit d'écrire encore cette année pour que je puisse lui faire un cadeau », dit-elle, en expliquant que ce petit-fils de 11 ans vit avec elle pour lui permettre de fréquenter une école du quartier, tandis que le reste de sa famille est installée à Weedon.
Mohamad sera comblé, et son petit-frère Ismaël aussi puisque son cadeau d'anniversaire sera plus gros cette année, grâce au panier que grand-maman a reçu.
« Ce n'est pas toujours drôle pour Ismaël d'avoir sa fête à quelques jours de Noël, ça fait beaucoup de cadeaux à acheter... », témoigne avec gratitude Mme Ahmadi.
Stéphane Couture carbure à cet élan de générosité contagieuse depuis une trentaine d'années à l'approche de Noël. « J'ai manqué peut-être une fois, mais mon équipe y était quand même », relate le propriétaire de Tapis Couture, qui conduisait un des 43 camions de livraison vendredi.
Depuis sept ans sa fille Camille, aujourd'hui âgée de 18 ans, dirige la petite troupe dans les rues de la ville. C'est elle qui cogne aux portes et qui reçoit la première vague de reconnaissance. « Je suis comme la secrétaire! » lance-t-elle avec humour, en faisant bien comprendre que son poste n'est pas à prendre...!
Au quartier général de la Fondation Rock-Guertin, sur la rue de Cherbourg, le directeur général Denis Fortier menait ses troupes de la même main experte, tandis que le décompte du nombre de paniers confectionnés dans l'entrepôt progressait à bon rythme.
« On travaille toute l'année pour arriver à ça », dit-il en regardant les bénévoles s'affairer dans une atmosphère fébrile et enjouée. « Encore cette année, les gens ont été super généreux, malgré le climat (économique). Les gens répondent à l'appel et nous aussi. »
Les Paniers de l'espoir en quelques chiffres
2190 paniers
270 livreurs
43 camions
230 bénévoles affectés à la confection et à l'emballage
Le premier camion de livraison a quitté l'entrepôt à 7 h 15; le dernier à 16 h.