Atteinte de la sclérose en plaques, Sylvie Girard a relevé avec brio le défi de courir un 5 km que lui a lancé René Mckay il y a un an.

La grande course de Sylvie Girard

Sylvie Girard pleurait à chaudes larmes lorsqu'elle a terminé le 5 km de la Grande Course qui se tenait à Sherbrooke dimanche au profit de la recherche sur la sclérose en plaques. L'exploit, qui peut paraître banal pour certains, était spectaculaire pour elle, puisqu'elle est atteinte de la maladie.
« J'ai les émotions à fleur de peau, a-t-elle lancé peu après avoir franchi la ligne d'arrivée sous les applaudissements de ses proches. Ce n'est pas mon premier 5 km depuis mon diagnostic, mais il est plus significatif que les autres. »
René Mckay, directeur général de l'Association de la sclérose en plaques de l'Estrie, lui avait lancé le défi alors qu'elle agissait à titre de bénévole pour l'événement l'an dernier.
« Il m'a dit que l'année suivante j'allais courir, j'avais fondu en larmes et je lui ai dit que je ne serais jamais capable, mais aujourd'hui j'ai réussi. »
Elle a d'ailleurs enlacé René Mckay après que ce dernier lui ait enfilé sa médaille autour du cou.
« L'association a cru en moi alors que moi-même, je ne croyais plus en moi. »
« Je ne voulais pas y croire »
Sylvie Girard revient de loin. Elle a été trois semaines en fauteuil roulant il y a quelques années en plus d'être un an sans avoir de sensibilité au niveau des pieds.
« Ç'a été un choc et je ne voulais pas y croire lorsque j'ai eu le diagnostic, se souvient-elle. J'avais l'impression que ma vie était complètement finie parce que je faisais beaucoup d'activités physiques dans mon ancienne vie. »
Elle a toutefois repris goût à la vie avec l'aide de ses proches et de l'Association de la sclérose en plaques de l'Estrie.
« Je profite de chaque moment. Ma philosophie c'est que je n'ai pas la sclérose en plaques, je suis atteinte de la sclérose en plaques. Je ne veux pas me l'approprier. J'ai d'autres facettes. »
De vivre avec la maladie n'est pas plus facile pour autant.
« Je suis sur mes deux jambes et je viens de courir un 5km, mais au quotidien ce n'est pas toujours facile », souligne-t-elle.
Sylvie Girard ne s'arrête pas avec le 5 km de dimanche. Elle participera également au défi Montréal-Québec de SOS Santé.
« Mon équipe a demandé une dérogation et je suis la 9e d'une équipe de huit. Ça me permet de vivre ce que jamais je n'aurais pu faire, surtout dans ma condition. Chaque 5 km que je ferai sera un pas de plus vers l'avant. »
Sylvie Girard prendra le départ pour ce défi le 16 septembre.
Plusieurs avancées en recherche
Si une méthode pour guérir la sclérose en plaques de façon définitive se fait toujours attendre, plusieurs avancées sont néanmoins faites pour combattre la maladie.
« Il y a beaucoup plus de traitements qu'avant, mais ils ont tous leurs inconvénients, admet le Dr Albert Lamontagne qui, malgré ses 80 ans, a couru le 5 km dimanche. Ils ne guérissent pas la maladie, mais on s'approche. »
À l'Université de Sherbrooke, des étudiants de la faculté de génie travaillent à l'élaboration du projet Zénith, un appareil qui vise notamment à réinitialiser la mémoire musculaire.
« Nous sommes rendus au prototypage, annonce René Mckay. On commence à voir à quoi va ressembler l'appareil. On pense même être en mesure de la commercialiser. On va pouvoir en parler plus au mois de décembre ».
Plus de 600 coureurs unis contre la sclérose en plaques
Quelque 630 coureurs ont pris les différents départs de la Grande Course dimanche au stade de l'Université de Sherbrooke afin d'amasser des fonds pour la recherche en sclérose en plaques.
La course a plus que doublé en popularité depuis la première édition en 2015 où 283 coureurs s'étaient donné rendez-vous. L'an dernier, c'était 612 personnes qui ont répondu présentes.
« L'an dernier, on a réussi à remettre 5000 dollars à la faculté de médecine de l'Université, explique Marie-Soleil Bonsant, chargée de projet pour la Grande Course, qui confirme que le montant exact ne sera connu que dans quelques semaines. On devrait le dépasser cette année. »
Plusieurs personnes qui vivent avec la maladie ou qui connaissent des gens qui doivent le faire étaient présentes à l'Université dimanche. C'était aussi l'occasion pour plusieurs de simplement venir soutenir la cause.
« Ils n'ont pas beaucoup de solutions, lance Michelle Longpré, qui court depuis 44 ans. J'ai survécu au cancer à trois reprises et j'avais des solutions. Je me sens privilégié et je tiens à faire ma petite contribution. »
L'événement sera de retour pour la quatrième fois en 2018.
Des dollars pour Haïti
L'organisme de solidarité internationale sherbrookois SPES-Haïti a profité de la Grande Course pour amasser des fonds qui servent à financer les missions à l'étranger. Plusieurs membres de l'organisme ont d'ailleurs marché le 5 km.
« La pédopsychiatrie en Haïti n'existe pratiquement pas, constate Claudine Larocque, membre de l'organisme. On est en train de monter un programme de recherche pour être en mesure d'offrir des soins aux enfants en Haïti. »
« La psychiatrie en Haïti est une spécialité orpheline, précise la Dre Fritzna Blaise. Nos efforts tentent de motiver les professionnels à s'intéresser beaucoup plus à la santé mentale. C'est surtout important à la suite du tremblement de terre de 2010. »
Les gens qui veulent faire un don peuvent le faire au speshaiti.org.