Même si tous les candidats à la mairie s’entendent pour admettre que Valoris, dont la mission est de trier le bac noir des Sherbrookois, n’a pas produit les résultats attendus, le maire sortant Bernard Sévigny maintient que l’orientation de la régie intermunicipale est la bonne et qu’il faut travailler à relancer les lignes de tri qui ont été arrêtées.

La gestion de Valoris remise en question

Valoris n’a pas produit les résultats attendus. Les candidats à la mairie de Sherbrooke s’entendent sur le principe. Mais pendant le débat tenu à La Tribune mercredi, plusieurs aspirants ont blâmé le maire sortant, Bernard Sévigny, pour sa gestion du dossier.

Le principal intéressé a maintenu que l’orientation de la régie intermunicipale, dont la mission est de trier le bac noir des Sherbrookois, est la bonne et qu’il faut travailler à relancer les lignes de tri qui ont été arrêtées.

Rappelons que deux lignes de tri ont été arrêtées, faute de rentabilité, alors même que le tarif à la tonne était majoré de 53 %.

«L’idée demeure excellente. Il y a eu des problèmes, il faut le reconnaître. Ce n’est pas une manque de vision. Sur le plan de la gouvernance, il y a eu des problèmes. C’est un défi technologique qui n’a pas rendu ce qu’il devait rendre, mais on y travaille pour redémarrer les lignes et être plus performant. L’orientation est la bonne», résume M. Sévigny.

La chef de Sherbrooke Citoyen, Hélène Pigot, estime que le message envoyé aux citoyens est contradictoire. «D’un côté, on dit : mettez tout dans le bac noir et on va trier à Valoris. De l’autre, on demande de faire un tri à la source. Je suis en train de regarder une administration qui ne sait plus comment se placer.»

«Dès le 6 novembre, c’est le premier dossier sur lequel je travaillerai, parce que tout le monde fait des déchets et tout le monde fait du recyclage», dit pour sa part Steve Lussier.

Patrick Tétreault, lui, n’a pas voulu se prononcer, affirmant ne pas être au courant du dossier.

À savoir si le maire ou la mairesse doit nécessairement siéger au conseil d’administration de Valoris, Bernard Sévigny ne se prononce pas.  «Le choix qui a été fait a été de déléguer des conseillers et des conseillères. On s’est buté à un problème de gouvernance où des membres du conseil d’administration ont signé une entente de confidentialité et ont refusé de divulguer de l’information. Le prochain mandat, on verra qui sera délégué. Est-ce que ce sera le maire? Ce n’est pas impossible.»

Denis Pellerin a récupéré la balle au bond, accusant M. Sévigny de ne jamais déléguer des membres de son parti aux comités importants.

«Le préfet de la MRC du Haut-Saint-François vous a désavoué justement parce que c’est une régie, parce que vous n’avez pas fait votre job. Il n’y a jamais eu personne du Renouveau sherbrookois qui a été nommé à Valoris. Pourquoi, parce que vous manquez de compétence dans votre parti?»

«Ça n’a pas de rapport. Voyons donc M. Pellerin», a répliqué Bernard Sévigny.

«Quand une compagnie commence à aller mal, on demande les états financiers un peu plus souvent. Parce que tu veux redresser ton entreprise. Pourquoi avons-nous attendu à point-là?», a demandé Steve Lussier.

Bernard Sévigny a expliqué qu’il avait été impossible d’obtenir des réponses adéquates lors du dépôt des états financiers, il y a un an, en raison de l’entente de confidentialité signée par les membres du C.A. «Les états financiers ont été refaits, parce qu’ils ont été mal faits, et on les a eus quelque part au mois de juin. C’est pour ça qu’on intervient.»

Hélène Pigot, au final, a réitéré son inquiétude de voir les problèmes de Valoris portés devant les tribunaux. «Que le dossier aille à la justice me pose beaucoup de problèmes. Il y a donc un problème de leadership pour régler cette situation. On sait que la pire des solutions, c’est d’aller devant la justice en raison des frais d’avocat pour les contribuables.»