Karina Veilleux, Karl Lachance, Olivier Brisson et Mélissa Milani, enseignants au Goéland.

La Fondation Le Goéland pour aider les jeunes

SHERBROOKE - Des enseignants du Goéland lancent une fondation qui viendra supporter les élèves de l'établissement, qui permet aux jeunes de 16 à 21 ans de raccrocher, de persévérer et de compléter une formation afin de gagner le marché du travail.

La Fondation Le Goéland caresse différents objectifs, dont de fournir une aide financière à des élèves. « La Fondation est partie du fait qu'à l'école, honnêtement, nos jeunes étaient rendus là. Nos jeunes en avaient besoin. Notre clientèle de jeunes de 16 à 21 ans a beaucoup de difficultés. On a pas mal la pointe du diamant : les jeunes qui ne fonctionnent pas dans les autres écoles ou qui ont des difficultés dans leur parcours scolaire, on les reçoit ici. Le but de la fondation, c'est de les outiller », remet en contexte Olivier Brisson, un des enseignants du Goéland qui a travaillé à la mise sur pied de la fondation, aux côtés de Mélissa Milani, Karina Veilleux et Carina Beltrano.

Les jeunes abandonnent parfois pour des raisons financières ou encore parce qu'ils n'ont pas le soutien de leur famille, illustre-t-il. « On est une école où l'on encourage le raccrochage scolaire. Il faut trouver des façons pour ne pas qu'il y ait de décrochage en raison de choses extérieures », renchérit l'enseignante Karina Veilleux.

Un des grands projets de la fondation est d'aménager des cuisines dans les locaux de la rue de l'Ontario.

« Il y en a plusieurs qui vont même faire leur épicerie au dépanneur. On veut instaurer de saines habitudes de vie », explique Mélissa Milani, également enseignante.

Elle se remémore l'histoire d'un jeune pour qui prendre l'autobus était source d'anxiété. L'équipe lui a déniché un vélo... qui a fait toute la différence. Fini les retards ou les absences. Si un tel coup de pouce peut aider un jeune à poursuivre son parcours, la demande sera examinée. « On n'imagine pas, des fois, les détails qui font la différence, renchérit l'enseignant Karl Lachance. Étant donné notre grande proximité avec le jeune, on peut avoir une meilleure idée de ce qu'il peut vivre. »

« C'est pour aider les jeunes qui, malgré leur bonne volonté, ne peuvent pas suivre... » lance Mme Veilleux.

Certains ont toujours un pied dans la vie active et l'équipe d'enseignants ne peut le nier, note M. Lachance. « Ce ne sont pas des jeunes du secondaire de 16 ans; ce sont des jeunes qui ont du vécu à l'extérieur, qui sont revenus à l'école, qui n'ont pas le choix; ils ont des responsabilités. Ils ont des obligations. »

Miser sur la différence

Le Goéland, créé en 1982, joue un rôle dans la scolarisation d'environ 1000 élèves par année. Le portrait de ces jeunes est très varié : certains sont issus de l'immigration et sont arrivés dans leur terre d'accueil depuis peu, d'autres sont devenus parents à un jeune âge, d'autres encore reviennent sur les bancs d'école après avoir expérimenté le marché du travail.

« Certains travaillent de nuit et viennent à l'école de jour, certains sont en foyer d'accueil... », illustre Mme Veilleux. « La situation des immigrants, ce n'est pas toujours facile, la situation dans laquelle ils arrivent et d'où ils partent. »

« La différence, ça amène aussi de belles choses », plaide Mme Milani.

Les enseignants soulignent que le Goéland joue lui-même un rôle important sur la persévérance scolaire et le taux de diplomation. De tous ceux qui obtiennent un diplôme, environ 19 % l'obtiennent par l'entremise de leur passage au Goéland.

« Tu peux avoir des difficultés à accomplir ton projet scolaire, mais ça ne veut pas dire que tu ne seras pas bon dans ce que tu veux faire. Il faut juste que tu aies un chemin plus facile pour le faire », souligne Karl Lachance.

Le lancement de la fondation sera marqué par la tenue d'une soirée spectacle du duo Corbeil et Maranda le 19 avril au Théâtre Granada. Il est possible d'acheter des billets (au coût de 45 $) via la salle de spectacle ou encore en communiquant avec la Fondation au 819 822-5505, poste 16715.

Les responsables du projet courtisent aussi en ce moment différents commanditaires.