La FEUS et l'Université de Sherbrooke sont en désaccord sur le système de notation. 
La FEUS et l'Université de Sherbrooke sont en désaccord sur le système de notation. 

La FEUS déplore l’intransigeance de l’UdeS

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, clame la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS). Compte tenu de la pandémie, la FEUS demande à l’UdeS de permettre aux étudiants de pouvoir choisir entre un mode de notation usuel ou celui permettant d’inscrire la mention réussite ou abandon (R/AB) sur leur relevé de notes.

La FEUS estime que les mesures mises en place dans le cadre de la pandémie entraînent leur lot de stress et d’anxiété chez les étudiants. Une détresse psychologique qui s’explique non seulement par l’enseignement à distance et ses défaillances, mais aussi par le système de notation régulier, affirme l’organisation étudiante.

Au cours de la session d’été, la FEUS dit avoir fait circuler une pétition réclamant le libre choix en matière de notation et que celle-ci aurait recueilli l’adhésion de près de la moitié des quelque 4200 étudiants inscrits.

Selon la FEUS, les mesures mises en place par l’UdeS dans le cadre de la pandémie ont eu pour effet de diminuer la qualité de l’enseignement, principalement en raison du « peu de disponibilité du corps professoral et de leur manque d’aisance quant à l’utilisation de moyens d’enseignement technologiques. »

Malgré les pourparlers tenus à ce sujet au cours des derniers mois, la FEUS reproche au rectorat de l’Université de Sherbrooke de faire la sourde oreille à ses revendications. Elle lui reproche de vouloir faire passer ses propres intérêts avant ceux rattachés à la santé mentale de ses étudiants.

« L’Université de Sherbrooke argumente qu’adopter ce mode de notation viendrait diminuer la valeur du diplôme. Nous concédons que cela est peu souhaitable, mais derrière ces diplômes et cette réputation que tente de protéger le rectorat se cachent des étudiants dont la santé mentale vacille et trébuche. Est-ce là le prix qu’est prêt à payer le rectorat? » demande Claudel Lamoureux-Duquette, vice-présidente à la condition étudiante de la FEUS.

Moyens mis en place

Tout comme la FEUS, la direction de l’Université de Sherbrooke reconnaît que « le contexte tout à fait exceptionnel nécessite des mesures exceptionnelles ». Mais ces mesures exceptionnelles ne passent pas par la notation, répond sa vice-rectrice aux études, Christine Hudon.

Même si l’UdeS a accepté de recourir à la notation R/AB lors de la session d’hiver, Mme Hudon estime que les mesures de soutien mises en place dans le cadre de la pandémie ne justifient plus de maintenir ce mode de notation.

« Notre service de psychologie et d’orientation a revu son offre de services pour s’adapter à la situation actuelle, explique Mme Hudon. Nous avons aussi mis en place, avec le Centre d’expertise en santé mentale RBC, une série d’outils et de ressources qui peuvent être utilisés par les étudiants qui éprouvent du stress et de l’anxiété. Nous avons aussi mis en place un fonds de ressources financières, en plus des ressources qui existaient déjà avant la pandémie. »

« De plus, pour ceux et celles qui ont des conditions particulières, des accommodements sont toujours possibles. On se dit qu’avec toutes ces mesures, on a un éventail qui nous permet de bien accompagner nos étudiants dans un contexte qui, on le reconnaît, est tout à fait particulier. Mais c’est aussi un contexte qui va être là pendant plusieurs mois, selon ce que dit l’OMS. Ce qui fait en sorte qu’on ne reviendra pas à la normale avant plusieurs mois. »