Le père Francis Gadoury, serviteur général de la Famille Marie-Jeunesse, explique que la fermeture des auberges ailleurs dans le monde est temporaire, le temps que les membres de la communauté religieuse fassent la mise à jour de leur organisation.

La Famille Marie-Jeunesse se réorganise

La Famille Marie-Jeunesse (FMJ) vit présentement une grande mise à jour de son organisation. «Pour imager avec un système informatique, c’est comme si on faisait une refonte au complet du logiciel», explique le père Francis Gadoury, serviteur général de la FMJ.

« Nous avons fait le premier chapitre (une réunion de tous les membres de l’organisation) de nos 35 ans d’histoire l’été passé. C’est ça qui a mené au mouvement de base. Nous avons certaines choses à redéfinir », souligne le père Gadoury.

La communauté religieuse, maintenant installée dans l’ancien couvert des Soeurs de la Présentation de Marie sur la rue du Conseil à Sherbrooke, devait profiter de cette grande réunion pour se poser quelques questions essentielles.

D’abord : est-ce qu’elle allait rester une communauté religieuse mixte, où vivent des frères et des pères, mais également des religieuses? « La réponse est oui. Ça fait partie de nous », soutient le serviteur général de la FMJ.

Il fallait aussi redéfinir la mission première de cette jeune communauté née à Sherbrooke en 1982. « Notre mission principale, c’est l’évangélisation des jeunes, mais ce n’est pas une mission exclusive. Nous devons aussi définir comment nous pourrons être utiles, soit dans les paroisses, soit dans les milieux hospitalier ou carcéral ou encore pour la pastorale immigrante », explique Francis Gadoury.

Il faut dire que ses membres des premiers jours ne sont plus aussi jeunes qu’ils l’étaient au départ. « Nous avons des membres dans la quarantaine, dans la cinquantaine, deux auront bientôt 60 ans », dit Francis Gadoury. Les besoins et leur réalité ont donc bien changé avec les années.

Tous de retour à Sherbrooke

Pour répondre à cette question et à bien d’autres, il faudra donc de 18 à 24 mois de travaux pour différents comités qui se pencheront sur différents sujets. Une réalité s’est donc imposée : les membres de la communauté devaient se réunir sous un même toit pour redessiner l’avenir de leur jeune communauté.

Or depuis plusieurs années, la FMJ pilotait une auberge d’accueil dans la ville de Québec et des auberges de mission et d’accueil dans trois autres pays (La Réunion, Tahiti et Belgique). Ses membres y vivaient et travaillaient dans ces communautés.

« On ne voulait pas devenir une communauté à deux vitesses, ceux qui décident à Sherbrooke et ceux qui peuvent moins participer aux décisions à partir de l’étranger », fait savoir Francis Gadoury.

« Nous en sommes venus à la conclusion que nous devions fermer toutes nos auberges de mission d’ici septembre prochain afin de permettre à l’ensemble des membres internes de se réunir dans notre maison de Sherbrooke », ajoute le père Gadoury.

Les auberges de Québec et de Tahiti viennent de fermer. L’auberge de Belgique  sera bientôt chose du passé, alors que celle de l’île de La Réunion restera en activité jusqu’à l’été afin de respecter ses engagements d’aumônerie pendant la période scolaire.

« Ça nous fait quelque chose de fermer nos auberges. Nous avons travaillé fort pour les mettre en place, et ce sont des missions qui allaient bien. Moi-même, j’ai fait partie de ceux qui ont fondé la mission à Tahiti, où j’ai vécu pendant trois ans. Mais on se dit que c’est pour le bien de notre communauté, et que ce sera temporaire. On espère repartir ces missions, là ou ailleurs, quand nous aurons fini nos travaux », ajoute-t-il.

Figure d’exception

La FMJ compte environ 70 membres consacrés en ce moment, dont une soixantaine sont consacrés. La moitié d’entre eux sont des Québécois, les autres sont nés à l’étranger.

La Tribune dévoilait l’automne dernier que le nombre de religieux dans les communautés religieuses de Sherbrooke avait diminué de moitié en 15 ans, et que la diminution n’allait cesser de s’accentuer au cours des prochaines années. En effet, il y avait 1202 membres répartis dans 33 congrégations religieuses à Sherbrooke en 2003, ils sont maintenant 589 répartis en 21 congrégations et un institut séculier. Marie-Jeunesse fait donc figure d’exception.

« Ça fait 20 ans que je suis membre de la FMJ, et chaque année, nous accueillons des nouveaux membres », souligne l’abbé Gadoury.

Est-ce que les jeunes éprouvent encore le besoin de s’engager dans la vie religieuse en 2018? Oui, il y en a toujours.

« Les gens viennent de plus en plus nous voir pour nous poser des questions. La première est : c’est quoi, Dieu? Certains n’ont jamais entendu le nom de Jésus. On part vraiment à partir d’une page blanche. Ceux qui se joignent à nous le font souvent à la suite d’une quête de sens à leur vie », souligne Francis Gadoury.