La famille colombienne de Carolina Batalla et Normando Charris a quitté Sherbrooke le mercredi 27 novembre pour répondre à une mesure de renvoi du pays.
La famille colombienne de Carolina Batalla et Normando Charris a quitté Sherbrooke le mercredi 27 novembre pour répondre à une mesure de renvoi du pays.

La famille Batalla-Charris ne baisse pas les bras

Le moral a déjà été plus haut dans la famille Batalla-Charris, installée en Espagne depuis bientôt un mois après avoir été renvoyée du pays le 27 novembre dernier. Normando Charris, Carolina Batalla et leurs trois enfants vivent à dix dans un quatre et demi, chez des proches, et n’ont toujours pas trouvé de travail.

Jointe par La Tribune, Carolina Batalla refuse cependant de s’apitoyer sur son sort. « On continue. On n’arrête pas de chercher. Où nous restons, nous ne manquons de rien, mais nous sommes cinq personnes et nous devons contribuer à tout ce que nous dépensons. Nous essayons de profiter du temps en famille pour la période Fêtes, sans laisser de côté l’important : notre retour au Canada. »

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La famille, qui s’était bien intégrée à Sherbrooke depuis presque cinq ans, n’a pas accès aux programmes d’aide sociale en Espagne, puisqu’elle est tout juste revenue dans le pays, et l’une des enfants, Gabriella, aurait également beaucoup de difficulté à s’adapter.

Mais pendant ce temps, des amis sherbrookois multiplient les efforts, tant financiers qu’administratifs, pour les ramener. « On commence vraiment à voir poindre les jalons de leur retour, se réjouit Marc Nadeau, qui s’implique de près dans le dossier. La question de revenir comme réfugié est totalement écartée, mais on croit qu’ils pourraient emprunter l’avenue de l’immigration économique. On a une incroyable collaboration avec les bureaux de députés. Il y a un réel désir d’aider, et ce, peu importe le parti. L’objectif de 2020, c’est de ne pas prendre la même route qu’en 2019. On va faire table rase pour emprunter la meilleure voie possible pour les ramener dans le respect des règles », indique celui qui est notamment en contact avec les bureaux des députées provinciales Christine Labrie et Geneviève Hébert ainsi qu’avec Marie-Claude Bibeau et Élisabeth Brière du côté fédéral. Les proches seraient également en pourparlers avec un fiduciaire afin de pouvoir recevoir des dons de la population au nom de la famille et de remettre des reçus. Une campagne Gofundme, qui avait amassé 80 $ dimanche, est aussi déjà sur pied depuis la fin novembre.

« À quelques jours de Noël, les chrétiens pensent à la famille de Bethléem qui se retrouvait dans une crèche. En plus de celle-là, je pense à cette famille qui doit revenir vers nous. Il y a une détresse. Je pense qu’il faut redoubler d’ardeur. Les bureaux sont fermés pour le Fêtes et les choses sont au ralenti, c’est certain, mais c’est vraiment un dossier qui mobilise les gens, et ça me remplit d’espoir », dit Marc Nadeau.

Un don surprise

Vendredi, une vingtaine d’employés de l’entreprise d’intervention après sinistre Phoenix, pour laquelle M. Charris a travaillé en sous-traitance, a surpris la famille avec un généreux don. Ceux-ci ont décidé d’extraire 1000 $ de leur bonus de fin d’année pour offrir ce montant à la famille.

« On a fait un appel Skype avec la famille pendant notre lunch de fin d’année, on avait imprimé un gros chèque et on leur a annoncé. Je crois qu’ils étaient touchés », raconte Daniel Pellerin, qui compte parmi les employés en question.

Confirmant avoir reçu cette surprise avec beaucoup de gratitude, Carolina Batalla indique que ce montant aidera à couvrir les dépenses de la famille pour le mois de janvier.

Selon M. Pellerin, M. Charris était d’une grande valeur pour l’entreprise, qui avait souvent recours à ses services via son employeur, F & M Service d’entretien inc. « Ça faisait des années qu’il était là, dit M. Pellerin. C’est quelqu’un qui parle très bien le français, il était un chef d’équipe pour d’autres hispanophones qui ne parlent pas du tout français. Toute la chaîne est importante. La personne qui arrive d’un autre pays, si elle passe son temps avec des hispanophones, elle ne sera pas intégrée, et si elle passe son temps avec des gens qui ne parlent que français, c’est horrible pour elle. »

Rappelons que la famille colombienne de Normando Charris et de son épouse Carolina Batalla a dû quitter Sherbrooke le 27 novembre pour répondre à une mesure de renvoi du pays, après que sa demande d’asile ait été refusée et les appels, rejetés. Elle a été déportée en Espagne, où elle avait demandé l’asile en 2007 et où les deux premiers enfants de la famille sont nés. Ils avaient quitté ce pays d’Europe en 2015 pour venir au Canada en raison de problèmes de discrimination liée à leur origine colombienne.