Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a présenté un mémoire lors des audiences publiques de la Commission Laurent, qui a fait un arrêt de trois jours à Sherbrooke à la fin février dernier.
Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a présenté un mémoire lors des audiences publiques de la Commission Laurent, qui a fait un arrêt de trois jours à Sherbrooke à la fin février dernier.

La DPJ de l’Estrie poursuit son redressement

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
C’est le décès tragique d’une fillette de Granby bien connue de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie au printemps 2019 qui a donné naissance à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

La Commission Laurent a d'ailleurs déposé un rapport préliminaire lundi.

Dès avril 2019, le travail de la DPJ de l’Estrie a été pointé du doigt puis scruté à la loupe.

L’année 2019-2020 en aura donc été une de tous les défis pour la DPJ de l’Estrie aux prises avec d’interminables listes d’attente, avec le départ précipité de son directeur dans les jours suivant le décès de la fillette de Granby, la nomination d’un mandataire spécial en mars dernier et le dévoilement de deux autres histoires accablantes dans la région de Granby.

Les premières recommandations de la Commission Laurent ont donc été écoutées très attentivement ce matin par la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS prend acte des constats et orientations présentés par la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse et tient à souligner le travail important qui a été réalisé. Il s’agit d’un exercice important auquel le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a collaboré », indique-t-on du côté du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS accueille favorablement l’importance d’avoir une vision collective, d’agir tôt et en collaboration avec l’ensemble des acteurs qui évoluent d’une façon ou d’une autre en jeunesse. Il partage pleinement cette démarche et est engagé à poursuivre les efforts en matière d’amélioration de la protection de l’enfance. Le plan d’action pour les jeunes et les familles planifié avec nos partenaires est cohérent avec le mémoire déposé par l’établissement à la Commission Laurent. Ce plan d’action sera présenté publiquement en janvier 2021 et témoignera de cette approche où la protection de la jeunesse est l’affaire de tous », ajoute-t-on du côté des communications.

Rappelons les faits.

Après le décès de la fillette de Granby au printemps 2019, la DPJ de l’Estrie entame un processus pour venir à bout de ses listes d’attente.

En janvier 2020, le président-directeur général (PDG) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Stéphane Tremblay, annonce qu’il supervisera directement toutes les directions concernées par le parcours des services jeunesse, dont tous les services liés à la direction de la protection de la jeunesse (DPJ), et qu’il sera épaulé par la présidente-directrice générale adjointe (PDGA), Robin-Marie Coleman, qui assurera le suivi du plan d’action.

Fin février, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a présenté un mémoire lors des audiences publiques de la Commission Laurent.

Puis, le 5 mars dernier, tout juste avant le déferlement de la pandémie sur la province, un autre dur coup pour la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie: une autre histoire tragique est dévoilée. Il s’agit d’un cas grave de négligence d’enfants qui ont attendu des mois avant que leur dossier ne soit évalué par la DPJ.

Sans plus attendre, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant place la DPJ de l’Estrie sous tutelle. Richard Deschamps est nommé à titre de mandataire spécial chargé du dossier de la protection de la jeunesse (DPJ) au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Puis, tout récemment, l’histoire d’un adolescent martyrisé dans le secteur de Granby est aussi dévoilée. L’histoire vient chambouler le Québec, encore une fois. Ces enfants ont été pris en charge par les autorités en février 2019, soit quelques mois avant l’histoire de la fillette de Granby.

Dans la dernière année, la DPJ de l’Estrie a travaillé sur plusieurs plans afin de diminuer ses listes d’attente, qui sont divisées en trois parties à la DPJ.

Au 30 avril 2019, lors du drame, il y avait 774 dossiers à la réception et au traitement des signalements en attente à la DPJ de l’Estrie. Pire encore, après le drame de Granby, la DPJ de l’Estrie avait dû faire face à un très grand nombre d’appels. Au pic, le 15 mai 2019, il y avait 896 dossiers en attente de traitement à la DPJ. Aujourd’hui, la liste est presque à zéro.

Et le travail se poursuit, jour après jour.

« Chaque geste posé afin d’améliorer les services de protection de la jeunesse et les services offerts aux familles est important. Nous sommes d’ailleurs en action depuis plusieurs mois et les résultats indiquent une amélioration notable des services offerts aux jeunes », ajoute-t-on du côté du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.