L’inspecteur de la division des enquêtes criminelles Stéphane Guimond et le directeur du Service de police de Sherbrooke Danny McConnell se sont prêtés à l’exercice de la rétrospective de 2018.

La division des enquêtes du SPS en réorganisation

La division des enquêtes du Service de police de Sherbrooke (SPS) passera par une réorganisation importante au cours de la prochaine année.

« Nous cherchons des solutions pour pallier l’augmentation des dossiers à enquêter. Pour s’assurer d’une bonne gestion des dossiers en fonction des budgets qui n’augmentent pas, il faut réorganiser ce que nous faisons déjà », explique l’inspecteur de la division des enquêtes du SPS, Stéphane Guimond. 

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« Nous avons des enquêteurs passionnés qui ont eu une grosse année. Il faut voir comment nous pouvons traiter plus de dossiers sans l’ajout d’effectifs », explique le directeur du SPS Danny McConnell, dont l’équipe d’enquêtes est composée de 30 personnes. 

Le SPS a ouvert plus de 2800 dossiers d’enquête au cours de la dernière année.

La section de lutte contre la drogue a frappé un grand coup avec l’opération Gaspésie.

Ian Duval avait été arrêté lors de l’opération policière de mai dernier en compagnie de Nicolas Bergeron et Félix Brouillet-Nadeau. Duval avait été remis en liberté à la suite de la première frappe policière, mais il a été incarcéré à la suite d’une deuxième perquisition menée dans son logement du boulevard de Portland.

En plus des 3,75 kilos de cocaïne, dont deux kilos en bloc, les policiers ont trouvé 4,38 kilos de crack, 4664 comprimés de méthamphétamine, 115,72 grammes de méthamphétamine en poudre, plus de 26 000 $ en argent, un pistolet de calibre.22 avec chargeur et munitions. Brouillet-Nadeau a été condamné à deux ans moins un jour de prison en novembre dernier.

Depuis son retour au pays au début des années 2000 après une peine imposée aux États-Unis en matière de stupéfiants, Bruneau Bibeau a été accusé en novembre de trafic de cocaïne et de possession dans le but d’en faire le trafic de cocaïne

« Nous faisons moins de gros dossiers, mais plusieurs petits. Nous intervenons le plus souvent possible pour que nos enquêteurs puissent être libérés plus rapidement. Nous travaillons beaucoup sur le sentiment de sécurité de la population. Sherbrooke reste une ville très sécuritaire. Nous avons ajouté un véhicule par patrouille depuis octobre. Tous les citoyens peuvent marcher seuls sur la rue à Sherbrooke sans avoir de crainte », affirme le directeur du SPS. 

En matière de vol, l’opération Maraudage a permis de résoudre 160 dossiers d’introduction par effraction et d’arrêter 29 personnes.

Acteur majeur de ces vols par effraction commis à Sherbrooke en 2017 et 2018, Claude-Paul Pinel a été condamné à une peine de 52 mois de prison. L’individu de 52 ans a été reconnu coupable de 25 chefs d’accusation en lien avec des introductions par effraction commis à Sherbrooke, mais aussi à Granby et Cowansville. Pinel visait les salons de coiffure et les nettoyeurs. 

Un trio de voleurs à l’arme de poing a aussi été bouclé en octobre dernier.

Sylvain Viens, 51 ans, Rosario Gagliano, 52 ans, et Érika Smith, 39 ans, sont accusés de huit vols qualifiés commis en une vingtaine de jours en octobre à Sherbrooke et East Angus. Les suspects auraient commis des vols qualifiés, dont un dans un salon de paris de Sherbrooke. 

Comme tous les autres corps de police, le SPS doit aussi composer avec une hausse des cas de santé mentale.

« Nous sommes rendus à 30 heures d’intervention par jour réparties sur les trois relèves. L’équipe mobile d’interventions psychosociales est passée en 2018 à quatre soirs par semaine et sera en fonction sept soirs en 2019. Nos policiers sont davantage formés en relation d’aide. Nous n’avons pas le choix de nous adapter à cette réalité », indique Danny McConnell.

Criminalité particulière

Un épisode troublant de criminalité particulière a marqué l’actualité judiciaire au cours de la dernière année.

Un adolescent de 15 ans qui s’était radicalisé a plaidé coupable en août dernier à une accusation liée au terrorisme, soit d’avoir transmis des renseignements qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre des activités terroristes entre le 29 mars et le 6 juin. En février 2018, l’adolescent s’était converti à l’islam et à sa pratique en respectant les codes de la religion. Il s’était isolé et avait développé un intérêt pour les attentats perpétrés en France. 

 « Je vais défendre l’Islam, tuer les mécréants, éliminer les ennemis de Allah. » Ce type de propos sur le média social de messagerie instantanée Snapchat l’hiver dernier a rapidement mis le radar sur un adolescent de la région de l’Estrie.