La directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger.
La directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger.

La distanciation, l’enjeu majeur

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Les enjeux sont multiples et grands cette session-ci au Cégep de Sherbrooke. Parmi eux, un élément majeur : la distanciation. Une brigade d’étudiants a été formée pour sensibiliser les jeunes à cette consigne pour laquelle le respect influencera la suite des choses.

Le groupe est composé de huit étudiants, qui sillonnent le campus deux à la fois pour leur rappeler les consignes ou leur signifier qu’ils sont trop nombreux à une table ou ne portent pas leur masque adéquatement, explique l’un des membres, Vincent Poulin.

« On est reçu assez bien. Les gens semblent à l’écoute. Ils comprennent qu’il faut suivre les règlements s’ils souhaitent que ça aille mieux. »

« Les étudiants sont vraiment de bonne volonté, mais il faut quand même faire des rappels des mesures, note l’enseignante Julie Dionne, aussi présidente du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN).

« Ce n’est pas toujours maintenu, la distanciation, il faut avertir des fois. C’est normal, ils n’ont pas eu d’école depuis des semaines. Ce qu’on ne veut pas, c’est qu’ils organisent des fêtes ou qu’ils dînent ensemble (sans distanciation). »

La brigade est à ses yeux une bonne façon de rappeler les consignes aux jeunes. « Ça va aider à faire passer le message. Je l’ai senti : les étudiants sont contents d’être présents. Ils étaient en avance. Il faut qu’on se donne les moyens d’être en présentiel. Il faut taper sur le clou. Je leur fais confiance », commente celle qui enseigne les mathématiques. Pour son premier cours, le groupe a été scindé en deux et a été rencontré en personne un à la suite de l’autre.

Pannes

Une panne généralisée de Zoom a toutefois entraîné un casse-tête pour ceux et celles qui travaillaient à distance. Le problème, qui dépassait les frontières du Canada, s’est résorbé en avant-midi.

Le système Omnivox a aussi connu une panne, de sorte que des étudiants ont eu du mal à se brancher. D’autres cégeps ont aussi été touchés, et le fournisseur travaillait sur une solution lundi en fin de journée.

Pas toujours simple

La Tribune a circulé dans les aires communes comme les corridors, où la distanciation devient un plus grand défi. Toutes les personnes rencontrées portaient le masque, comme il est demandé de le faire dans les aires publiques.

Le nombre de personnes rendait parfois difficile la distanciation.

« Tout le monde voulait voir les étudiants pour la première fois. Au cœur de la session hybride, ce sera plus isolé. Ça va permettre de faire de l’air », pense Julie Dionne.

« Les conditions sanitaires et pédagogiques, c’est très déstabilisant. La semaine dernière, la tension était forte. C’est sûr qu’on est tiraillé : plus on est présents, plus c’est dangereux », fait-elle valoir également. Elle-même a dû revoir ses façons de faire pour ne pas se « coller » sur les étudiants pour leur expliquer un problème mathématique.

Pour respecter une distance d’un mètre et demi entre les étudiants, les classes ont environ la moitié de leur capacité. « On ne peut avoir toute une classe en même temps. Il faut revoir la pédagogie », indique Mme Dionne. Différentes formules sont utilisées et peuvent varier d’un enseignant à un autre. Par exemple, la moitié d’un groupe peut recevoir de la théorie et l’autre, faire des travaux à la maison, illustre la directrice générale du Cégep, Marie-France Bélanger.

Des nouveaux étudiants ont pour leur part vécu leur première journée à distance, mais il était impossible de savoir dans quelle proportion.

« Il faut qu’on soit capable d’être à l’écoute de ce qui va se passer et voir comment ça va circuler sur le campus. C’est le grand inconnu. On veut qu’il y ait du monde. On a fait le choix d’avoir le plus de monde possible parce qu’on veut construire un lien social. Il y a un enjeu de santé psychologique extrêmement important », commente Mme Bélanger, qui se réjouissait de voir le cœur du campus battre.

« C’est un choix qu’on a fait en juin, notre personnel a adhéré à ça. Ça crée beaucoup de complexité, on le mesure tous les jours… Il faut éviter qu’il y ait trop de monde pour éviter la propagation », note-t-elle en ajoutant que l’établissement devra s’ajuster constamment.