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La directrice générale de Sherbrooke Innopole n’a pas apprécié les commentaires formulés sur son organisation lundi au conseil municipal.
La directrice générale de Sherbrooke Innopole n’a pas apprécié les commentaires formulés sur son organisation lundi au conseil municipal.

La dg de Sherbrooke Innopole rétorque aux élus

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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Cherche-t-on des problèmes à Sherbrooke Innopole pour justifier une réforme de la gouvernance économique en chantier depuis deux ans à la Ville de Sherbrooke? La directrice générale de l’organisation paramunicipale, Josée Fortin, croit que oui. Les commentaires de certains élus, lundi, pour justifier le rapatriement à la Ville de la gestion des parcs industriels, frôlent l'atteinte à la réputation envers l’organisation et ses employés, indique Mme Fortin.

« La gestion des parcs industriels et la planification du territoire, ce sont toujours des rôles qui ont été assumés par la Ville. Le rôle de Sherbrooke Innopole était de proposer des terrains aux entrepreneurs et de vendre les terrains, mais nous avons toujours travaillé en collaboration avec la Ville selon les champs de compétence de chacun. Les élus ont voté sur quelque chose qui était déjà dans l’appareil municipal », explique Mme Fortin.

Selon la directrice générale, Sherbrooke Innopole n’a jamais outrepassé son rôle. « Avant de proposer un site pour une entreprise, on valide toujours auprès des services concernés s’ils sont d’accord avec ça. Toute vente de terrain passe ensuite au conseil. On ne fait pas les choses en catimini. »

Des élus, dont Danielle Berthold, ont parlé du prix de vente de certains terrains, qui semble trop faible, particulièrement pour les terrains en vitrine de l’autoroute. 

« Les prix de vente sont inscrits dans une politique qui a été votée et adoptée par les élus. Nous avions fait un étalonnage auprès de villes contre lesquelles nous sommes souvent en compétition. Nous sommes arrivés à une proposition au comité exécutif et ensuite au conseil municipal. Peut-être que les terrains en bordure d’autoroute devraient être vendus plus cher. Ce n’est pas le cas en ce moment, mais c’est ce que dicte la politique », dit Josée Fortin.


« Ajouter une ressource à la Ville n’est pas une mauvaise idée, mais est-ce que ça prend trois personnes pour gérer les parcs industriels? L’avenir nous le dira. »
Josée Fortin

La directrice générale explique que les terrains sherbrookois ne sont pas plats et qu’ils doivent souvent être nivelés, ce qui justifie des prix plus bas. « Si on vend nos terrains plus cher, nous ne serons pas compétitifs. Nous proposons et la Ville décide par résolution. Nous appliquons leurs décisions. »

Mme Fortin poursuit dans le même sens concernant les crédits de taxes. « Les élus sont allés fort en parlant de fiasco. Je n’accepte pas ça. Le programme a été voté et accepté par le conseil. Il va générer des entrées d’argent pour la Ville. C’est un peu une atteinte à la réputation de l’organisation et de ses employés. »

Josée Fortin comprend encore mal que la Ville choisisse de « changer une recette gagnante ». « Je ne sais pas pourquoi on nous prend en grippe tout à coup. C’est sûr que ça coûtera plus cher à la Ville cette réforme, mais il n’y aura pas de coupes de personnel à Sherbrooke Innopole. Ajouter une ressource à la Ville n’est pas une mauvaise idée, mais est-ce que ça prend trois personnes pour gérer les parcs industriels? L’avenir nous le dira. Ce qui me préoccupe, c’est qu’il faut que l’entrepreneur soit au centre de cette démarche. »

Rappelons que Josée Fortin a annoncé en novembre qu’elle quittera son poste au printemps 2021. Elle refuse pour le moment de commenter cette décision ou d’indiquer si elle est liée à la réforme des organisations de développement économique.