L’an dernier, 650 « deuxièmes offres » ont été acceptées sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie, soit 500 à Magog et 150 à Lac-Mégantic.

La deuxième offre, là pour rester au CHUS

Malgré les déboires d’un patient rapporté dans La Tribune de mardi, le principe de « deuxième offre » reste un élément « hyper important » pour les patients selon le CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui admet toutefois chercher à améliorer ses façons de faire.

« On n’a pas juste des commentaires négatifs, on a des expériences patient qui sont extrêmement positives, lance Bruno Lavoie, adjoint à la directrice des services professionnels pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. On fait 43 000 chirurgies au CIUSSS par année, oui on a des pistes d’amélioration, mais on fait d’excellentes choses et on obtient d’excellents résultats. »

Rappelons que Raynald Desmarais a accepté une « deuxième offre » en allant se faire opérer à l’Hôpital de Granby, c’est-à-dire qu’il a accepté de se faire opérer dans un réseau local de service (RLS) plus loin de chez lui afin d’avoir accès à la chirurgie plus rapidement. Ce qu’il ignorait, c’est qu’il se verrait refuser le traitement d’une complication à l’Hôpital Fleurimont, alors qu’il était dans l’impossibilité de conduire et qu’il se trouvait dans une douleur « insoutenable ».

Sans vouloir aborder la situation précise vécue par M. Desmarais, M. Lavoie admet que des améliorations sont possibles.

Améliorations possibles

« Est-ce que toute la trajectoire et la façon de procéder sont bien rodées? Je vous dirais probablement pas parce qu’il nous arrive certains patients qui nous ramènent des commentaires. Comme organisation, le CIUSSS prend en considération tous les commentaires. On a même formé des groupes de travail où des patients siègent. C’est difficile de donner aujourd’hui une fenêtre de temps. »

L’an dernier, 650 « deuxièmes offres » ont été acceptées sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie, soit 500 à Magog et 150 à Lac-Mégantic. Le CIUSSS ne pouvait pas fournir les chiffres pour Granby, en affirmant que c’est relativement nouveau d’y envoyer des patients.

« C’est un élément qui est hyper important pour les patients, indique M. Lavoie. Ça permet de garantir l’accessibilité à des soins et services et ça permet aussi d’utiliser nos plateaux techniques à bon escient. Ce n’est pas qu’on manque de patients, mais ça permet d’utiliser de façon judicieuse nos ressources. C’est un excellent mécanisme à utiliser pour éviter que les patients aient à attendre trop longtemps sur les listes d’attentes. »

« L’hôpital ne ferme pas »

M. Desmarais a vivement critiqué le CIUSSS alors qu’il s’est fait refuser une pose de cathéter à Sherbrooke. Il a dû faire le trajet jusqu’à Granby, où il avait subi son opération, pour une pratique qu’il qualifie de « la base de l’infirmerie ».

Le CIUSSS est toutefois bien campé sur ce point.

« Je peux vous dire que quand on subit une chirurgie, c’est toujours plus sécurisant de voir le clinicien qui nous a opérés, souligne M. Lavoie. Il connaît les limites et sait comment ç’a été au niveau de l’opération. C’est en grande partie à cause de ça qu’on demande que les suivis soient faits par les cliniciens qui ont opéré. »

« L’hôpital ne se ferme à personne, ajoute M. Lavoie. Quand quelqu’un se présente à l’urgence, on va le recevoir et le diriger à la bonne place. »

Donc si un patient qui a accepté une deuxième offre à Lac-Mégantic, Granby ou Magog se présente à l’urgence avec un problème lié à son opération, il sera pris en charge?

« On va le référer à la meilleure place pour le patient, répète M. Lavoie. Mais je veux être très clair que si une situation urgente se présente, le patient va être vu dans n’importe laquelle des urgences. »

M. Lavoie confirme finalement qu’il n’existe pas au CIUSSS de l’Estrie un système centralisé pour les dossiers médicaux des patients.

« On va demander aux patients de signer une autorisation pour pouvoir transférer les données cliniques d’une installation à l’autre. Le système n’est pas parfait, on est en train de réviser nos processus. »