La CSRS doit faire preuve de créativité pour combler une moyenne de 85 demandes de suppléance par jour.

La CSRS en manque de suppléants

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) peut recevoir 130 demandes de suppléance dans une seule journée ces temps-ci, et ces chiffres ne concernent que les écoles primaires, puisque les établissements secondaires doivent trouver leurs suppléants eux-mêmes. L’organisation admet avoir de la difficulté à combler tous ces remplacements.

« D’habitude, on a une moyenne de 85 demandes par jour à la centrale de suppléance, mais ces temps-ci, on roule plutôt autour de 90 ou 91. Ç’a l’air de rien, cinq de plus, mais comme c’est une moyenne, ça fait qu’il y a des journées lors desquelles on a 130 ou 135 demandes de suppléance », indique Louise Biron, coordonnatrice du Service des ressources humaines.

Bien que ces demandes peuvent concerner des congés de maladie, il arrive aussi que des enseignants doivent être libérés pour de la formation, ou pour mettre en place un plan d’intervention.

Au début de l’année scolaire, environ 850 personnes étaient inscrites sur la liste de suppléance. Depuis, certaines ont réussi à obtenir des contrats, ou se sont retirées de la liste. En novembre, il en restait 450, et la semaine dernière, 300.

« Il y a une pénurie de ce genre dans l’ensemble des commissions scolaires. Ici, au moins, tous nos postes permanents sont comblés : dans les commissions scolaires où ce n’est pas le cas, leurs besoins en suppléance, on n’y pense même pas! À Sherbrooke, on connaît une augmentation du nombre d’élèves, on va ouvrir une nouvelle école l’an prochain, certaines s’agrandissent... ça fait de plus en plus de travail », explique Mme Biron.

Étudiants et retraités

Lorsque personne n’est disponible pour faire de la suppléance dans une classe où un professeur est absent, les élèves se présentent quand même : la CSRS doit donc faire preuve de créativité.

« On ne se cachera pas qu’on utilise des étudiants au baccalauréat [en enseignement]. Avant, on prenait des gens en quatrième ou en troisième année de bac, mais là, certaines journées, on est rendus à des gens de première année. Ils n’ont pas eu beaucoup de formation encore, mais ils viennent aider. »

Ce recours est si fréquent que la période des examens universitaires est inscrite au calendrier de la commission scolaire comme une « période de vulnérabilité en suppléance », pour que les écoles n’organisent idéalement pas de la formation à ce moment-là.

« On a aussi une banque de retraités qui ont envie de venir faire de la suppléance, et on utilise également des enseignants disponibles dans un autre champ moins en demande, par exemple l’éducation physique, surtout si les remplacements sont de courte durée », donne en exemple Mme Biron.

Les écoles concernées peuvent aussi mettre un plan d’urgence en place et demander à un enseignant régulier en période libre de s’occuper d’une classe, ou encore à un membre de la direction.

Si malgré tout on ne réussit pas à trouver un enseignant, on se tourne vers des personnes « non légalement qualifiées ».

« On parle de gens qui ont par exemple un bac en sciences ou une maîtrise en mathématiques et qui veulent faire de l’enseignement éventuellement. Ça peut arriver dans nos plus grosses journées, quand on a plus de 150 demandes. On peut aussi se tourner vers une éducatrice en service de garde ou une technicienne en éducation spécialisée. »

Fausse réputation

Louise Biron travaille fort pour combattre la fausse réputation de la CSRS, qui veut qu’il n’y ait pas de travail de disponible pour de jeunes professeurs.

« Par rapport aux autres commissions scolaires, c’est peut-être plus long avoir un poste, mais là, il y a un message qui se propage comme quoi il n’y a pas de travail à la commission scolaire... Quand on rencontre des étudiants à l’université dans différents programmes et qu’on leur demande s’ils croient qu’il n’y a pas de travail chez nous, c’est fou la quantité de gens qui lèvent leur main! Je leur dis d’arrêter de penser comme ça, ici, les gens travaillent beaucoup, surtout ceux qui sont volontaires, qui donnent plusieurs disponibilités et qui font du bon travail », rapporte-t-elle.

Pour régler ses problèmes de suppléance, la CSRS tient des stands dans des salons d’emploi et tente de mieux diviser le travail entre les suppléants qu’elle a déjà pour maximiser leur potentiel. « On fait des entrevues toutes les semaines. Aussitôt qu’on a quelques CV, on fait des rencontres et des entrevues. On n’est pas là à attendre que les choses s’améliorent! »

Les domaines où il manque le plus de suppléants
- Anglais langue seconde
- Adaptation scolaire
- Musique
- Danse

Les domaines où il n’en manque pas
- Éducation physique
- Univers social au secondaire

Les pires jours de la semaine
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- Vendredi