Gustavo Labrador a fait l’acquisition en mai dernier de la crèmerie Joyeux Délices, au 35, rue Wellington Sud. Développant constamment son offre et ses partenariats depuis, il affirme vouloir demeurer ouvert toute l’année.

La crèmerie de la Well Sud servira ses joyeux délices toute l’année

Les projets se multiplient à la crèmerie Joyeux Délices depuis que le nouveau propriétaire, Gustavo Labrador, a repris le commerce de la Wellington Sud au mois de mai. Alors que l’entreprise mise de plus en plus sur les partenariats locaux, M. Labrador compte maintenant demeurer ouvert toute l’année.

« Ça ne vaut pas la peine de garder un commerce fermé en plein centre-ville de Sherbrooke, explique M. Labrador. Peu importe où, le centre-ville, c’est le miroir d’une ville. Il faut qu’il y ait de la vie, tout le temps. J’ai des clients qui m’ont beaucoup motivé et qui m’ont raconté des histoires de crèmeries ouvertes à l’année dans des petites communautés. »

Après avoir rafraîchi le menu, notamment avec une offre végane et des smoothies baptisés Hatley, Bury, et Compton en l’honneur des productions locales, le Sherbrookois d’adoption annonce un partenariat avec le microtorréfacteur local Hubert Saint-Jean pour les différents cafés qu’il offrira.

« J’aurai également des desserts d’une dame de Compton et des pâtisseries d’une entreprise de Waterville, ajoute-t-il. De plus, dès la mi-septembre, j’offrirai une spécialité de mon pays d’origine, le Venezuela. On les appelle cachitos. C’est une sorte de pain travaillé en forme de croissant et qui est garni à l’intérieur, par exemple de jambon ou de féta. »

Gustavo Labrador est arrivé à Sherbrooke en 1995. Employé civil de la Sûreté du Québec, il rêvait depuis plusieurs années de se lancer en affaires. 

« Je me suis réveillé le premier janvier 2019 avec l’idée de démarrer un restaurant d’Arepas. Ce n’était pas tout à fait dans mon plan d’acheter une crèmerie, mais finalement, j’ai eu l’occasion d’acheter Joyeux Délices, alors je me suis lancé! » 

Si le propriétaire a passé la majeure partie de l’été à conjuguer son emploi et son nouveau projet, une « période difficile pour ma famille », il amorçait le 5 août une année sabbatique qu’il utilisera pour se consacrer à son commerce, où il est le principal employé. 

Le mobilier bouge, la décoration change, et le quartier s’aperçoit peu à peu du nouveau sourire derrière le comptoir des Joyeux Délices. 

Volubile, M. Labrador prend plaisir à connaître ses clients et à les sonder sur leur appréciation ou sur les produits qu’ils aimeraient voir sur l’ardoise. 

« Je commence vraiment à voir une fidélisation de la clientèle. Il y a en qui reviennent constamment essayer un nouvel item du menu. J’ai aussi instauré des rabais de 15 % pour les étudiants, les travailleurs du centre-ville et les cinéphiles qui se présentent avec un billet de la Maison du Cinéma. »

Il souhaite également ajouter une dimension culturelle à son commerce. Le mur de brique qui longe la salle à manger portera bientôt des expositions temporaires, comme celle du photographe de la région Étienne Dauphin.

« Faites quelque chose de vivant » 

M. Labrador sait bien que la rue sur laquelle il a pignon n’est plus ce qu’elle était. 

« Il y a 35 ou 40 ans, c’était sur la Well que ça se passait », lui partagent des clients nostalgiques. Avec le projet Well Sud qui devrait se mettre en branle d’ici quelques mois, c’est une vague d’espoir qui l’emplit. 

« J’aimerais toutefois lancer un cri du cœur aux élus, confie-t-il à La Tribune. C’est entre les mains de ces gens-là que se trouve l’avenir du centre-ville. Le cœur de la ville, c’est la Well. Laissez de côté la partisanerie, et faites du centre-ville quelque chose de vivant. Il y a tellement de choses qu’on peut développer. Il faut que ça aille de l’avant. » 

+ Projet quatre-quarts : le quartier fête ses contrastes

En tant que membre de la famille du « Quartier de la Création », la crèmerie Joyeux Délices participera à la fête de quartier qui se tiendra au parc éphémère de la rue Wellington Sud, ce samedi. Le commerce, qui compte parmi les sept entreprises participantes, offrira des ateliers de ukulele pour l’occasion, gracieuseté de la conjointe de M. Labrador. 

Étape charnière du projet Quatre-quarts du Théâtre des petites lanternes (TPL), la fête du Quartier de la Création animera toutes les facettes de cette zone du centre-ville, qui depuis plusieurs années, est le théâtre d’une série de projets comme de bouleversements. 

Pour la porteuse du projet, Kristelle Holliday, la directrice générale et codirectrice artistique du TPL, c’est surtout la notion de contraste qui a décrit les environs, lors des promenades-jasettes organisées l’an dernier. 

« C’est tout ce qui se passe avec la Well Sud : le côté entrepreneurial qui s’installe et qui crée énormément de mouvance, puis en même temps, c’est un quartier qui est rempli d’artistes, qui eux reprennent le dessus. Dans tout ça, tu as encore les fantômes de la Well Sud, comme le station de la gare et l’Hôtel Wellington, par exemple. Tout cette mémoire et ces traces restent là. » 

Ce sont tous les commentaires, les questions et les partages recueillis l’an dernier qui ont servi d’inspiration pour la journée de samedi. 

« On a par exemple appris que la section à l’arrière du Maxi accueillait autrefois l’ancien Marché de Sherbrooke », précise l’assistante à la coordination du projet Quatre-Quarts, Catherine Boudin.  

Un autre visage

Pour cette deuxième fête parmi les quatre prévues cette année (la première étant celle du Quartier Alexandre), l’artiste de Labokracboom Cyril Assathiany a préparé une virée artistique de la zone, qui s’étend de la rue des Grandes-Fourches jusqu’à Brooks, de King Ouest jusqu’à Aberdeen.

Cette « Balade des 5 sens » aux surprises multiples, promet de dévoiler un autre visage du quartier. Un départ à partir du parc éphémère est prévu toutes les demi-heures, de 11 h à 15 h 30. 

Des ateliers de création sont au programme pour les enfants, mais Catherine Boudin insiste qu’il y en aura pour toute la famille. « La création, ce n’est pas que pour les enfants. Tout le monde, peu importe leur âge, qu’ils habitent le quartier ou non, sont invités à venir à la fête », précise-t-elle. 

L’Gros Luxe Sherbrooke, l’Armée du Salut, Estrie Aide, le Café Bla-Bla, la Coallition sherbrookoise pour le travail de rue et le restaurant Hata Pita seront eux aussi de la partie, en plus de déja distribuer la carte artistique du quartier qu’a réalisée Annie Deslongchamps.

« On demande aux commerçants s’ils veulent participer, explique Mme Holliday. C’est une manière de les engager dans la fête de quartier. La promotion peut être un rabais ou peut être quelque chose de très spécifique. Par exemple, Estrie Aide a créé une vente-trottoir de livres et l’Armée du Salut organise quelque chose en lien avec la nourriture. »