La crainte d'être arrêté pour alcool au volant reste faible

Bruno Bisson
Bruno Bisson
La Presse
Les habitudes de consommation d'alcool des Québécois avant de prendre le volant et leur perception du risque qu'ils soient arrêtés pour avoir conduit avec les facultés affaiblies dans un barrage policier n'ont pas vraiment changé depuis au moins huit ans, malgré plusieurs campagnes de sensibilisation et la multiplication des contrôles routiers.
Dans un sondage téléphonique réalisé auprès de 2100 répondants pour la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), en novembre dernier, 44% des répondants, soit en moyenne plus de 2 personnes sur 5, ont reconnu avoir pris un verre d'alcool avant de prendre le volant au moins une fois durant la dernière année.
La même enquête a révélé que 12% des personnes interrogées ont pris deux verres avant de conduire leur véhicule, et 1 personne sur 20, en moyenne (5% des répondants), a même admis avoir bu au moins cinq verres avant de conduire.
Le plus surprenant dans ces résultats n'est pas qu'un si grand nombre de personnes consomme de l'alcool avant de conduire. C'est que cette proportion est restée à peu près la même depuis au moins huit ans, selon des enquêtes précédentes.
Ainsi, le pourcentage des Québécois qui reconnaissent avoir consommé au moins un verre avant de conduire a varié de 36 à 44% au cours des huit dernières années. Le nombre des répondants qui affirment avoir bu deux consommations avant de conduire demeure, lui aussi, très stable, de 10% à 13%. Le nombre des Québécois qui disent avoir pris cinq consommations a oscillé, pour sa part, entre 2% et 5% depuis la première enquête de 2003.
La crainte des barrages policiers n'est pas, non plus, davantage ancrée dans la mentalité des Québécois qu'elle ne l'était au début des années 2000. Selon le sondage de Léger Marketing, 36% des répondants, en novembre dernier, estimaient que les chances qu'ils soient arrêtés, dans le cadre d'une opération de surveillance policière, étaient «faibles» ou «très faibles».
Les sous-groupes les plus représentés parmi les répondants qui ne craignent pas les barrages policiers sont les personnes dont le revenu familial dépasse 80000$ (44%), qui ont de 35 à 44 ans ou plus de 65 ans (41%), et qui possèdent plus de 20 ans d'expérience au volant (38%).
Le sondage a été réalisé du 18 novembre au 1er décembre derniers, auprès de 2100 répondants, avec un taux de réponse global de 44,8%. La marge d'erreur est de 2,9 points de pourcentage, avec un intervalle de confiance de 95% (19 fois sur 20).