Le CUSSS de l’Estrie-CHUS invite les Estriens à plus de vigilance face à l’apparition d’un ou de plusieurs symptômes, même légers, s’apparentant à ceux de la COVID-19. Il recommande d’appeler à la ligne COVID-19 (1 877 644-4545) ou d’utiliser l’outil d’autoévaluation des symptômes et, au besoin, de passer un test de dépistage sans délai.
Le CUSSS de l’Estrie-CHUS invite les Estriens à plus de vigilance face à l’apparition d’un ou de plusieurs symptômes, même légers, s’apparentant à ceux de la COVID-19. Il recommande d’appeler à la ligne COVID-19 (1 877 644-4545) ou d’utiliser l’outil d’autoévaluation des symptômes et, au besoin, de passer un test de dépistage sans délai.

La COVID-19 frappe tous les milieux

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
L’Estrie termine sa première semaine en zone rouge avec une augmentation de 474 nouveaux cas déclarés de COVID-19 – un résultat comparable à celui de la semaine précédente où il y avait eu 484 cas positifs.

La moyenne mobile des sept derniers jours est de 67 nouveaux cas par jour. Pour un retour en zone orange, cette moyenne doit baisser sous la barre des 50 nouveaux cas par jour.

Est-ce un résultat décevant? « Normalement pour voir une diminution marquée sur la courbe, il faut attendre un cycle d’incubation à partir du moment où l’on met en place des mesures plus sévères de confinement. Ainsi, si tout va bien et si les gens respectent vraiment les mesures, dans une semaine on devrait commencer à voir une diminution du nombre de nouveaux cas chaque jour », a mentionné le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Il faut rappeler que le temps d’incubation de la COVID-19 peut aller jusqu’à 14 jours. Ainsi, si une personne avait été en contact étroit avec une personne infectée par la COVID-19 la veille des restrictions annoncées en zone rouge [le jeudi 12 novembre], il faudrait attendre jusqu’au 25 novembre pour savoir si le contact étroit a oui ou non contracté le virus.

80 éclosions actives

Le nombre d’éclosions a augmenté de façon importante dans la dernière semaine : l’Estrie compte maintenant 80 éclosions actives. Elles touchent maintenant tous les milieux : les milieux hospitaliers, les CHSLD, les milieux de travail, les milieux scolaires… Et elles sont réparties dans l’ensemble des MRC de la grande région de l’Estrie.

De ce nombre, 16 éclosions touchent des milieux extrêmement vulnérables : des CHSLD ou des résidences privées pour aînés où sont hébergés des personnes âgées souvent malades ou en perte d’autonomie, ainsi que des hôpitaux de la région où, là aussi, se trouvent des patients malades.

Les éclosions en milieux de soins et d’hébergement de longue durée (CHSLD) sont de loin les plus redoutées par les équipes de santé publique au Québec. « C’est là qu’on retrouve le plus grand nombre de personnes plus vulnérables en raison de leur âge et de leurs comorbidités », soutient le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.

Zone rouge

Longtemps, le RLS de Sherbrooke (qui correspond en tous points au territoire de la ville) a eu peu de cas positifs au prorata de sa population. Avec une augmentation de 380 personnes déclarées positives au cours du dernier mois, les choses ont changé. « Le territoire de Sherbrooke est entré officiellement en zone rouge cette semaine », mentionne le Dr Alain Poirier.

Le RLS de la Haute-Yamaska compte 366 cas déclarés positifs au cours du dernier mois. La population est cependant plus nombreuse à Sherbrooke : près de 170 000 Sherbrookois contre un peu plus de 100 000 habitants dans la région de la Haute-Yamaska, qui inclut les villes de Granby et de Bromont.

L’agrégat dans la MRC des Sources a continué de s’agrandir au cours de la dernière semaine : on comptait 195 résidents de cette MRC contaminés par la COVID-19 vendredi. En fait, la MRC des Sources est depuis deux semaines la MRC du Québec où l’on retrouve le plus grand taux de cas actifs de COVID-19 au prorata de sa population.

« Sûrement pas la COVID-19 »

Faudrait-il un confinement généralisé pour réussir à aplatir la courbe de contagion en Estrie comme ailleurs au Québec? Ce n’est pas ce qu’on croit du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« À mon avis, ce qui est dangereux en ce moment, c’est que les gens sont tannés de la COVID-19 et qu’ils prennent de grandes latitudes par rapport aux mesures qui sont mises en place. J’invite les gens à respecter les mesures qui sont mises en place; ça aiderait beaucoup à ralentir la vague au Québec », soutient le Dr Vincent Masse, microbiologiste-infectiologue et officier en chef de prévention et contrôle des infections au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

D’ailleurs, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS invite aussi les Estriens à plus de vigilance face à l’apparition d’un ou de plusieurs symptômes, même légers, s’apparentant à ceux de la COVID-19.

« Les enquêtes de santé publique des derniers jours démontrent que de plus en plus de personnes poursuivent leurs activités quotidiennes même si elles présentent des symptômes... Elles se font tester plusieurs jours plus tard, c’est-à-dire trop tard! Elle se disent : ce n’est sûrement pas la COVID-19… » souligne le Dr Alain Poirier.

« Même si vos symptômes sont légers ou peu nombreux, il se peut que vous soyez porteur du virus et que vous soyez en train de le transmettre à d’autres. Soyez vigilants et agissez rapidement », insiste-t-il.

Il est fortement recommandé à toutes les personnes qui ont reçu la consigne de la Santé publique, qui ont obtenu une recommandation à la suite d’un appel à la ligne COVID-19 (1 877 644-4545) ou de l’utilisation de l’outil d’autoévaluation des symptômes ou qui présentent des symptômes de la COVID-19 de passer un test de dépistage sans délai.