Le Marché champêtre existe depuis 17 ans.
Le Marché champêtre existe depuis 17 ans.

La consommation locale au cœur des priorités [PHOTOS ET VIDÉO]

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
SHERBROOKE — La consommation de produits locaux, l’autosuffisance et la souveraineté alimentaire : voilà des aspects de la vie quotidienne que de plus en plus d’Estriens ont à cœur notamment en raison du contexte actuel.

La pandémie de la COVID-19 a fait réaliser à plusieurs personnes l’importance de la consommation locale. Marylène Pronovost, présidente du conseil d’administration du Marché champêtre de Melbourne et maraîchère, mentionne que cette année les habitudes de vie des visiteurs ont été modifiées.

« Beaucoup de gens ont commencé à faire un jardin. C’est une fierté de produire ses aliments. Les gens redécouvrent cette joie de faire par soi-même », souligne celle qui est propriétaire des Jardins Chant de Vie. Elle soutient que les gens sont plus ouverts à essayer de nouvelles choses tout en apprenant. 

« Ça met en valeur les produits de la région. C’est une offre supplémentaire. Nos citoyens sont chanceux d’être en mesure de s’approvisionner de produits du terroir », explique l’agente en tourisme et culture de Tourisme Val-Saint-François, Estella Normandeau à propos du Marché champêtre. 

Le propriétaire des Sélections Jacques Laberge, Jacques Laberge

Installés dans la région depuis quelques années, Gabriel Arguin et sa famille fréquentent régulièrement le Marché champêtre. « En discutant avec nos amis producteurs, nous avons ressenti que la demande était très grande. Quand on encourage des producteurs et des commerçants locaux, on ressent directement les retombées. Les marchés sont des lieux de rencontres conviviales », souligne-t-il. 

L’homme tente d’effectuer le plus d’actions afin de consommer des aliments québécois tout au long de l’année notamment à l’aide d’un autoclave. « Nous achetons plus durant la période d’abondance afin d’être en mesure de consommer des produits locaux annuellement. »

Révolutionner les marchés

La Mante du Carré, située à Danville, a vu le jour en 2006. « Nous sommes ouverts à l’année depuis 14 ans pour changer la donne. Les marchés publics au Québec fermaient et nous avons ouvert. Ç’a été une période éducative durant 14 ans. Nous n’avons pas l’air d’un marché traditionnel », avoue la fondatrice du marché, Marthe Tremblay. Les producteurs ont la possibilité de vendre des produits au marché hebdomadairement, et ce, sans être présent. 

L’établissement est en plein renouvellement. « Il faut repenser les marchés publics au Québec. Il faut être visionnaire et puis saisir la balle au bond afin de démontrer qu’il est possible de tenir des marchés publics à l’année. Si on veut manger dans un pays nordique annuellement, il faut donner la chance aux consommateurs de s’approvisionner. »

Depuis le mois d’avril, la Mante du Carré a vu ses ventes exploser. « Nos ventes d’épicerie locale sont 25 fois plus grandes. Depuis Pâques, nous sommes passés de 700 à 2000 produits. Les autres années, la partie de l’épicerie équivalait à 10% de nos ventes », explique le coordonnateur du marché, Christian Perreault.

La sécurité alimentaire est un des facteurs expliquant cette hausse de l’achalandage selon la fondatrice de l’endroit. « Les gens viennent ici et ensuite ils vont à l’épicerie pour acheter ce qu’il manque. C’était le contraire avant », ajoute M.Perreault.  

De nouveaux visages visitent le marché tous les jours. « En plus des nouvelles personnes, les gens de la place qui ne venaient plus ont recommencé à venir », souligne la présidente du conseil d’administration, Diane Levasseur. 

Le marché compte également un restaurant local haut de gamme.