Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le directeur général de Valoris, Denis Gélinas, explique que la Régie s’est mise en mode solutions bien avant le règlement de son dossier devant la Cour.
Le directeur général de Valoris, Denis Gélinas, explique que la Régie s’est mise en mode solutions bien avant le règlement de son dossier devant la Cour.

La condamnation de Valoris n’aura pas d’impact sur ses tarifs

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Article réservé aux abonnés
L’amende de 500 000 $ que devra verser Valoris pour avoir enfreint la Loi sur les pêches ne forcera pas Sherbrooke ou les municipalités du Haut-Saint-François à adapter leur budget avant la fin de l’année. La Régie intermunicipale de valorisation des matières résiduelles avait déjà constitué une réserve, inscrite à son budget, dans l’éventualité où une amende lui serait imposée.

« Du moment qu’il faut donner de l’argent, c’est toujours de l’argent de trop », admet d’emblée le président de Valoris, Robert Roy. « Mais quand on a fait notre plan de redressement, nous avions prévu des sommes en fonction de l’amende qu’on pouvait possiblement payer. Il n’est aucunement question que les gens soient facturés à nouveau pour ça. »

De combien était la réserve prévue par Valoris? « Nous couvrons ce qu’il y à couvrir », se limite à dire M. Roy. 

Me Charles Shearson, qui représentait Valoris, confirme néanmoins que l’amende maximale pour les actions reprochées à son client aurait pu atteindre 8 M$. La punition imposée est considérée comme basse parce qu’on a tenu compte de la vocation essentielle du centre de valorisation.

« Nous avions été conservateurs dans nos prévisions, mais je confirme qu’il n’y aura aucun impact sur nos tarifs », renchérit Denis Gélinas, directeur général de Valoris.

Autant M. Roy que M. Gélinas insistent sur le fait qu’aucune infraction n’a été signalée depuis 2016.

« Depuis 2016, nous accumulons les eaux souillées dans des bassins. Ces bassins ont été agrandis deux fois, si bien qu’ils sont quatre fois plus grands qu’au départ, en termes de capacité », explique Denis Gélinas. 

Et quand les bassins risquent de déborder, à contrecœur, Valoris achemine son eau de lixiviation par camions vers Sherbrooke, où elle peut être traitée. « Nous avons mis en place des équipements pour éviter le transport autant que possible. »


« En ayant l’analyseur, on se donne une marge de manœuvre. »
Denis Gélinas

En matière de mesures correctives, la Cour impose trois conditions à Valoris pour la poursuite de ses activités. Deux d’entre elles sont administratives. La troisième consiste à installer un analyseur en continu de l’azote ammoniacal. « Ce sera fait à l’intérieur des délais. L’appareil est déjà commandé. » Celui-ci coûte environ 15 000 $. 

« En ayant l’analyseur, on pourra le programmer pour qu’on ait une préalerte et éviter qu’on ait de l’eau non conforme. On se donne une marge de manœuvre », ajoute encore M. Gélinas.

De cette aventure, Denis Gélinas retient qu’il est toujours nécessaire de bien expliquer aux membres du conseil d’administration que les dépenses pour certains équipements sont nécessaires. « Je ne dis pas que ça ne se faisait pas avant. Les gestionnaires auraient pu convenir d’une entente pour le temps de l’agrandissement des bassins. »

Robert Roy, lui, retient que les règles imposées aux municipalités, même si elles sont nécessaires, ne permettent pas des adaptations rapides dans des situations comme celle-là. Par exemple, pour l’agrandissement des bassins, Valoris a dû composer avec la présence de milieux humides.

« Valoris n’est pas un gouffre financier comme certains veulent le laisser croire. Ç’a été plus long qu’on pensait, mais nous arrivons à la réussite visée. Nous aurons débroussaillé pour les autres qui voudront nous imiter. »

Il ne reste plus qu’un litige légal impliquant Valoris. Il s’agit d’une mésentente liée à la construction du centre de valorisation des matières résiduelles.

Robert Roy