La collecte volontaire du verre devrait être implantée à Sherbrooke au printemps. Le projet-pilote d’une durée d’un an sera réévalué après six mois.
La collecte volontaire du verre devrait être implantée à Sherbrooke au printemps. Le projet-pilote d’une durée d’un an sera réévalué après six mois.

La collecte volontaire du verre arrive à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Sherbrooke aura son projet-pilote de collecte volontaire du verre, vraisemblablement à partir du printemps 2020. Dix points de dépôt à définir seront répartis sur le territoire et une évaluation de la quantité de matière recueillie sera effectuée après six mois.

Le projet, réclamé par un regroupement de citoyens, a reçu un accueil positif de l’ensemble des élus, commente la conseillère Chantal L’Espérance. « Le frein était le mécanisme de compensation. Si on vient pénaliser Récup Estrie et qu’il n’y a pas moyen de récupérer ces compensations, on perd d’une main ce qu’on essaie d’obtenir de l’autre. »

C’est que le verre est actuellement recueilli par Récup Estrie, qui reçoit des redevances pour les matières détournées du centre d’enfouissement. Le verre concassé est ensuite utilisé comme matériau de recouvrement... dans les lieux d’enfouissement. En 2018, selon les données de Récup Estrie, 5500 tonnes de verre creux avaient été recueillies, dont 2800 provenaient de Sherbrooke.

Concrètement, le projet fait l’objet d’une entente avec 2 M Ressources, une entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu. « Le verre que nous récupérerons sera utilisé pour fabriquer de la laine isolante ou des contenants de verre. La première année, nous pensons recevoir 20 % du tonnage attribué à Sherbrooke qui est actuellement envoyé à Récup Estrie », résume Patrice Charbonneau, chargé de projet en environnement à la Ville de Sherbrooke.

Les dix points de collecte seront déterminés selon trois critères, soit une répartition équitable sur le territoire de la ville, un site déjà fréquenté par la population et un site qui tient compte des problèmes de bruit, donc qui sera éloigné des résidences.

La collecte serait effectuée par la Ville les vendredis. Les conteneurs utilisés seraient du même type que ceux que possède déjà la Ville pour qu’ils puissent être réutilisés si le projet prenait fin.

« L’option des écocentres n’est pas à privilégier à cause de l’espace qui y est déjà maximisé. Mais avec l’agrandissement de Rose-Cohen, l’espace est déjà prévu pour collecter ces ressources », explique Antoine Petit, chef de section à la voirie.

Le coût brut du projet est évalué à 88 700 $, mais la Ville a la confirmation qu’elle obtiendrait une compensation (49 200 $) pour le transport du verre et anticipe des revenus de vente de 8400 $. Pour la première année, il faut donc prévoir un déboursé de 31 100 $, dont 25 000 $ pour l’achat de conteneurs.

Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement, rapporte qu’un projet-pilote flexible a été privilégié. « Beaucoup d’éléments vont bouger dans l’échiquier de la récupération. Nous sommes en attente des recommandations pour la modernisation du recyclage au Québec. Ça pourrait avoir des modifications quant aux redevances que chacune des MRC ou ville reçoit. Nous ne nous sommes pas donné d’objectif parce qu’il n’y a pas de données au Québec sur le taux de pénétration de ce genre de projet, mais 6200 personnes ont signé une pétition pour avoir ce projet. Je serais très surprise que les citoyens ne soient pas au rendez-vous. »

Du bruit?

Le conseiller Marc Denault s’inquiète du bruit qui pourrait émaner des conteneurs de collecte et suggère que les comités consultatifs d’urbanisme des arrondissements soient consultés pour choisir leur emplacement. Le maire Steve Lussier rapporte pour sa part avoir vu des conteneurs avec des coussins dans le fond, lors d’un voyage en Europe, pour absorber le bruit.


« 6200 personnes ont signé une pétition pour avoir ce projet. Je serais très surprise que les citoyens ne soient pas au rendez-vous. »
Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement

Vincent Boutin s’est inquiété de l’impact de la collecte volontaire sur Récup Estrie. « On propose un bilan au bout de six mois parce qu’on ne sait pas quel impact ça peut avoir. On veut faire un bilan avec Récup Estrie », répond Patrice Charbonneau.

« Il y aura un impact, mais je pense que ça peut se régler avec les instances gouvernementales », ajoute Pierre Avard, président de Récup Estrie.

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, a qualifié le projet de prudent, puisqu’il permettra à la Ville de recueillir de l’information. « Je peux difficilement cacher mon enthousiasme. On en parle depuis longtemps. »

La collecte volontaire du verre était aussi une recommandation du conseil municipal jeunesse.

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Suzanne-Marie Landry

Des verres réutilisables au Théâtre Granada

 Après avoir éliminé les pailles et réduit l’usage de verres de plastique par la proposition de canettes pour la bière et les boissons gazeuses, le Théâtre Granada franchit un pas de plus pour l’écologie en choisissant des verres réutilisables pour toutes les boissons servies dans des verres.

Cette initiative remplacera la vente de bouteilles d’eau en plastique. Annuellement, c’est plusieurs milliers de bouteilles et de verres de plastique généralement destinés à l’enfouissement qui seront éliminés.

« Pour la sécurité lors des spectacles, les contenants en verre ne peuvent pas être utilisés. Dans l’optique d’offrir un service de bars plus écoresponsables, il nous fallait donc trouver un autre type de contenant qui soit sécuritaire et qui puisse servir plus d’une fois », affirme Suzanne-Marie Landry, directrice générale et artistique de la salle de spectacle du centre-ville de Sherbrooke.

« Nous avons choisi des verres réutilisables à l’image du Théâtre Granada. » 

C’est mercredi soir, lors du passage de Patrick Watson, que cette nouvelle initiative sera lancée.  Claude Plante