La clé de la zone orange? Se méfier de son beau-frère et de son collègue

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke – Les Estriens comme les Québécois ont baissé leurs gardes quant aux mesures sanitaires de base. « L’étranger nous fait peur, on se dit qu’il peut avoir la COVID. Mais on se dit que le beau-frère, lui, ne peut pas avoir la COVID, ou l’infirmier qui travaille avec nous, ou notre voisin. On se méfie moins des gens qu’on connait bien », indique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« En milieu hospitalier, par exemple, on voit le personnel se protéger face aux patients. Mais à la cafétéria, à la pause ou à l’heure du lunch, c’est facile d’oublier le masque ou le deux mètres avec son voisin », ajoute-t-il.

Dans certains hôpitaux, on a même dû fixer au sol des tables à la cafétéria pour empêcher les gens de les coller sur l’heure du dîner.

Or les gens qui attrapent la COVID-19 en Estrie sont majoritairement jeunes. Ils ont peu de symptômes. Certains sont asymptomatiques. La transmission de la COVID-19 est très bien implantée dans la communauté. 

« Le collègue, la belle-sœur ou la voisine peuvent être porteurs de la COVID-19 sans le savoir et sans en avoir l’air », insiste le Dr Poirier.

Il faut donc chercher à diminuer les contacts dans les prochaines semaines. 

« Est-ce que je peux diminuer certains contacts non essentiels? Est-ce que je peux augmenter un peu le télétravail? » suggère le Dr Poirier.

Quand les contacts sont nécessaires, il faut ensuite chercher à mieux se protéger : d’abord ne pas enlever le masque, ou rester à plus de deux mètres si l’on n’en porte pas.

Et c’est aussi vraiment vrai dans les milieux de travail où, là aussi, les employés ont souvent tendance à baisser la garde quand ils se connaissent bien.

« Quand on a une éclosion dans une entreprise sans service à la clientèle direct, comme une usine, c’est plus facile pour la Santé publique de limiter la contagion. Par contre, c’est plus dur pour l’entreprise elle-même de continuer à fonctionner quand plusieurs employés ne peuvent plus venir travailler. Les impacts peuvent être importants », mentionne le Dr Poirier en précisant que l’équipe de Santé au travail et celles de la CNESST continuent à travailler jour après jour pour rappeler les règles et soutenir les entreprises. 

« Les mesures de distanciation physique et le port du masque fonctionnent quand on les applique bien. Il faut revenir à ces mesures, bien les appliquer, et on va pouvoir revenir en zone orange », indique-t-il.