Réjean Caouette considère que l’apport de La Tribune est « vital » pour les gens d’affaires de Sherbrooke.

La Chambre de commerce serre les rangs pour La Tribune

La Chambre de commerce de Sherbrooke ne veut visiblement pas perdre La Tribune. Une rencontre entre l’organisation et ses anciens présidents sera bientôt à l’horaire pour discuter de l’avenir du journal régional.

« On veut faire une analyse situationnelle du cas de La Tribune pour qu’on puisse regarder quel élément on peut apporter pour aider », explique le président de la CDC de Sherbrooke, Réjean Caouette, ne sachant pas exactement quand cette rencontre se tiendra.


«  On voulait déjà se réunir à l’automne, permettre à la population de discuter de cet enjeu. Avec ce qui a été annoncé, il est minuit moins une.  »
Marie Eve Lacas, présidente de la FPJQ-section Estrie

« Il y a deux choses : la situation du Groupe Capitales Médias, qui regroupe les six journaux, mais aussi, pour nous, le cas La Tribune, poursuit le président de la CDC de Sherbrooke. Il y a des dizaines de milliers de personnes qui se lèvent le matin et que, la première chose qu’ils regardent, c’est leur Tribune. C’est notre média, il n’est pas question qu’on le laisse aller sans étudier la possibilité d’aider. Il faut le faire maintenant pour ne pas dire plus tard “on aurait dû” ».

Lire aussi : « Pour la démocratie, on a besoin de garder La Tribune »

Pour M. Caouette, l’information amenée par La Tribune est « vitale » pour les commerçants. « C’est là où les commerces vont pour les nouvelles et les activités de la région. C’est vital pour les commerces, pour le développement économique », commente-t-il, ajoutant ne pas savoir ce qui sortira de cette tempête d’idées.

La directrice générale de l’organisation, Louise Bourgault, pense que la presse locale pourrait se relever. « Il y a des vagues de sept ans dans l’économie. On est dans le bottomline des journaux. Il va y avoir une autre vague de sept ans où il y aura une vitalité économique qui va se faire pour nos quotidiens », analyse-t-elle.

« Il n’y a pas seulement la publicité qui fait vendre, décrit Mme Bourgault. [...] Si la vente des journaux ou de la publicité fonctionne moins, c’est qu’il y a une problématique. Laquelle ? Je ne sais pas, je n’ai pas fait l’analyse. Je pense qu’on est capable de se poser des questions. Il y a un groupe de gens d’affaires avec nos anciens présidents, on va avoir des réponses. Les gens de La Tribune ne vont peut-être pas aimer ce qui va sortir de ce groupe de discussion. On ne sait pas. »

« Ça peut aussi finir avec une coopérative, tout est ouvert », renchérit M. Caouette.

Trinquer à la santé des médias

Tous les Sherbrookois sont invités mercredi au Siboire Jacques-Cartier de Sherbrooke pour démontrer de la solidarité envers la presse régionale. L’événement organisé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) se déroulera de 17 à 21 h.

D’ailleurs, des citoyens prendront la parole. « On voulait déjà se réunir à l’automne, permettre à la population de discuter de cet enjeu. Avec ce qui a été annoncé, il est minuit moins une. Des gens dans la population nous ont interpelés. Des citoyens et citoyennes avaient envie de manifester l’importance de la presse régionale pour eux », indique la présidente de la FPJQ-section Estrie, Marie Eve Lacas.

« Il y a une partie de la population qui est convaincue et tant mieux, continue la journaliste à Radio-Canada Estrie. Ces gens veulent être là demain et prendre la parole. Il reste des gens à convaincre. [...] Sans trop presser, il faut réapprendre aux gens l’importance de payer pour leurs abonnements. Ceux qui ont envie de faire une différence, qui veulent mettre la main à la pâte, qui ne veulent pas voir disparaître leurs journaux vont se présenter. On espère qu’ils soient des ambassadeurs. Il faut commencer à un endroit et demain c’est un bon départ. »