L'architecte Louis-Napoléon Audet et Mgr LaRocque ont uni leurs efforts au début du siècle dernier pour construire une chapelle qu'ils voulaient solide pour la communauté catholique locale.

La cathédrale Saint-Michel célèbre son centenaire

Malgré l'orgue encore entreposé et l'absence de clocher, Mgr Paul LaRocque a célébré une première messe à la chapelle Pauline. C'était le 30 septembre 1917. Cent ans plus tard, la chapelle et la cathédrale se dressent fièrement au coeur de Sherbrooke et sont devenues un monument emblématique de la ville.
L'architecte Louis-Napoléon Audet et Mgr LaRocque ont uni leurs efforts au début du siècle dernier pour construire une chapelle qu'ils voulaient solide pour la communauté catholique locale.
« Lors de la construction, il s'agissait de la plus grande église avec voûte autoportante au Canada, explique Rémi Petit, architecte responsable de la restauration. C'était extraordinaire pour une petite ville comme l'était Sherbrooke à l'époque. M. Audet voulait construire quelque chose à l'épreuve du feu, il trouvait qu'on perdait trop d'églises à cause des feux. Ce qui est vraiment intéressant c'est que la cathédrale combine les techniques de construction du 19e siècle et des techniques plus modernes comme l'utilisation du béton et de l'acier. »
En plus du 100e anniversaire de la chapelle, il s'agit du 60e anniversaire de la bénédiction de la Basilique-Cathédrale qu'on connaît aujourd'hui. Cette dernière a également été construite par M. Audet qui s'est installé à Sherbrooke en 1901 et qui y est resté jusqu'à sa mort en 1971. Il a également conçu la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré près de Québec.
Beaucoup de souvenirs
Le Regroupement des archives du Séminaire de Sherbrooke et de l'Archidiocèse de Sherbrooke a tenu samedi soir une commémoration pour souligner le centenaire. Luc Cyr, archevêque de Sherbrooke, y a lu pour l'occasion mot pour mot un extrait du sermon de Mgr LaRocque prononcé le 30 septembre 1917.
« C'est chaleureux comme discours même s'il n'y avait pas le langage inclusif, explique-t-il. On parlait à nos frères et non à nos frères et soeurs à l'époque. »
C'était un retour aux sources pour George Couture, de Sherbrooke, qui a vécu sa jeunesse à la cathédrale puisque son père a été sacristain.
« Ça remue plusieurs souvenirs, souligne-t-il. Je me souviens des temps des fêtes où il fallait monter des chaises supplémentaires pour les messes de minuit. On enchaînait les mariages et les funérailles à un rythme fou. C'est un patrimoine incroyable pour la ville. »
Vers un autre 100 ans
Au virage de son centenaire, la cathédrale est en pleine transformation. Les rénovations du toit en ardoise, qui date des tout débuts, devraient être terminées cette année.
« On va aussi commencer à travailler sur les parvis à l'avant de la cathédrale cette année qui seront, on l'espère, complétés l'année prochaine, mentionne Rémi Petit. Il reste à retravailler le sous-sol et l'intérieur de la cathédrale. On fait aussi des travaux pour l'installation du Centre des Petites Soeurs de la Sainte-Famille et le Centre Marie-Léonie. On avance tranquillement pour la restauration intérieure. »
« Notre rêve est de rafraîchir l'intérieur de la cathédrale, ajoute Luc Cyr. C'est la plus grande salle de la ville. Nous avons des soupers-bénéfices de toute sorte. »
« Je pense que c'est un point d'ancrage. C'est autour d'ici que les premiers habitants de la région se sont installés pour construire la ville de Sherbrooke, résume Rémi Petit. C'est une belle richesse et il faudrait que les gens apprennent à en profiter plus. »